Pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est-Il le Juge universel établi par Dieu ?
Introduction
Chers frères et sœurs dans la foi, dans l’esprit de tous les êtres humains, il est établi qu’ils seront un jour jugés par le Dieu Créateur. Aussi s’efforcent-ils de Lui plaire, chacun selon sa religion et l’enseignement qu’il y reçoit. Dans l’Écriture, depuis les prophètes jusqu’aux enseignements du Seigneur Jésus-Christ et des apôtres, il est clairement annoncé que tous les êtres humains comparaîtront devant Dieu pour rendre compte de la vie qu’ils auront menée sur la terre. Mais comment notre Dieu procédera-t-Il pour juger les enfants d’Adam ? Est-Il Lui-même ce Juge universel, ou a-t-Il confié ce jugement à quelqu’un d’autre ?
Dans l’Évangile de Jean, le Seigneur Jésus-Christ nous fait comprendre que le Père Lui a remis tout jugement, en Sa qualité de Fils de Dieu et de Fils de l’homme (Jn 5.22-30 ; Mt 25.31-46). Alors, peuple de Dieu, quelles sont les raisons du choix de notre Dieu ? Que révèle ce choix sur la personne du Seigneur Jésus-Christ ? L’Écriture nous permet de répondre à toutes ces questions.
I. L’Éternel, le Dieu Saint, Tout-Puissant et Juste qui gouverne tout l’univers
Chers frères et sœurs dans la foi, nous avons tous la conviction de devoir un jour comparaître devant le tribunal divin. Ce juste jugement est attendu non seulement par nous qui vivons par la foi au Seigneur Jésus-Christ, mais aussi par tous les êtres humains. Ceux qui ont placé leur espérance sur des principes autres que ceux enseignés par le Seigneur Jésus-Christ affirment également qu’ils seront jugés par l’Éternel Dieu Lui-même. Mais qui est véritablement notre Dieu ? Comment S’est-Il révélé à ceux à qui Il S’est fait connaître dans l’Écriture ? Comment Sa Parole nous Le présente-t-elle ? Serait-il équitable que l’Éternel notre Dieu juge Lui-même l’humanité ?
a) L’Éternel, le Dieu trois fois Saint, incompatible avec le péché
Chers frères et sœurs dans la foi, nous employons souvent plusieurs qualificatifs pour désigner notre Dieu et Père. Nous Le proclamons Saint, Immaculé et Pur. Mais que signifie réellement cette Sainteté qui fait partie intégrante de Sa nature ?
Dès les premières pages de l’Écriture, nous voyons Adam et Ève se cacher loin de la face du Seigneur après l’entrée du péché dans leur relation avec Lui (Gn 3.6-8). Peu après, ils sont chassés du jardin d’Éden, tandis que des chérubins en gardent désormais l’accès afin d’en interdire l’entrée aux êtres humains (Gn 3.22-24).
Lorsque le Seigneur choisit Abraham et entreprend de communiquer avec lui, le Livre de la Genèse nous montre qu’Il lui parle soit par une vision (Gn 15.1-9), soit par l’intermédiaire d’anges (Gn 16.7-12 ; Gn 18 ; Gn 21.17-18 ; Gn 22.11-12 ; Gn 22.15-18). Avec Isaac, Jacob et Joseph, cohéritiers de la promesse, notre Dieu utilise les mêmes moyens de communication (Gn 26.24 ; Gn 28.10-15 ; Gn 31.10-13 ; Gn 32.25-32 ; Gn 37.5-7 ; Gn 37.9). Plus tard, au chapitre 3 du Livre de l’Exode, nous voyons également Moïse ôter ses sandales et se couvrir le visage lorsqu’il prend conscience qu’il se trouve en présence du Seigneur (Ex 3.3-6).
Peuple de Dieu, à la lecture de ces textes, une question se pose naturellement : pourquoi en est-il ainsi ? Le Seigneur ne voulait-il plus S’approcher de l’être humain qu’Il avait Lui-même créé ?
Pour répondre à cette question, rendons-nous au chapitre 33 du Livre de l’Exode. Moïse y adresse au Seigneur une demande particulièrement audacieuse : celle de lui montrer Sa Gloire (Ex 33.18).
Par fidélité et par amour pour Son serviteur, le Seigneur accepte de répondre à sa prière. Il lui déclare alors : « Je ferai passer devant toi toute Ma bonté et Je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel. Je fais grâce à qui Je fais grâce et Je fais miséricorde à qui Je fais miséricorde. Tu ne pourras pas voir Ma face, car l’homme ne peut Me voir et vivre. » (Ex 33.19-20)
Notre Dieu ajoute aussitôt : « Voici un lieu près de Moi ; tu te tiendras sur le rocher. Quand Ma Gloire passera, Je te mettrai dans le creux du rocher et Je te couvrirai de Ma main jusqu’à ce que J’aie passé. Puis Je retirerai Ma main, et tu Me verras par derrière, mais Ma face ne pourra pas être vue. » (Ex 33.21-23)
Chers frères et sœurs dans la foi, cette réponse du Seigneur éclaire les événements survenus après la chute. Depuis que le péché est entré dans le monde, l’homme ne peut plus se tenir devant Dieu comme Adam le faisait avant sa désobéissance (Gn 2.15-25). Le péché désormais présent dans sa nature l’expose à la mort en présence de la Sainteté parfaite de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur Lui-même prend les dispositions nécessaires pour préserver la vie de Son serviteur.
L’Éternel confirme Lui-même cette réalité lorsqu’Il révèle à Aaron et à Miriam que les songes et les visions constituent les moyens ordinaires par lesquels Il parle à Ses prophètes (Nb 12.6). À l’exception de Moïse, avec qui le Seigneur entretenait une relation particulière (Ex 33.7-11), Dieu choisit habituellement de parler à Ses serviteurs par des visions, des songes ou par l’intermédiaire de Ses anges (1 R 3.4-14 ; Es 6.1-13 ; Ez 1.1-28 ; Gn 16.7-12 ; Gn 22.11-18). Ces différents modes de révélation témoignent du soin avec lequel le Seigneur Se fait connaître à l’homme tout en préservant sa vie.
Peuple de Dieu, tous ces éléments nous montrent que la Sainteté immuable de notre Dieu et le péché désormais enraciné dans la nature humaine ne peuvent cohabiter sans conséquence. En présence de la Sainteté parfaite de Dieu, l’homme pécheur est exposé à la mort.
L’Éternel Lui-même l’affirme après la fabrication du veau d’or. Il ordonne en effet ceci à Moïse : « Dis aux enfants d’Israël : Vous êtes un peuple au cou raide ; si Je montais un seul instant au milieu de toi, Je te consumerais. Ôte maintenant tes ornements de dessus toi, et Je verrai ce que Je te ferai. » (Ex 33.5).
Cette déclaration est particulièrement claire. Le Seigneur ne rejette pas Son peuple parce qu’Il cesse de l’aimer ; Il l’avertit plutôt du danger que représenterait Sa présence au milieu d’un peuple encore marqué par le péché. Sa Sainteté est telle que le péché ne peut subsister devant Lui. Cette exigence apparaît de nouveau dans le Livre du Lévitique. Nadab et Abihu, les deux fils du grand prêtre Aaron, perdent la vie pour avoir présenté devant le Seigneur un feu qu’Il ne leur avait pas ordonné d’offrir (Lv 10.1-3). Cet épisode rappelle avec force que l’on ne s’approche pas de Dieu selon sa propre volonté, mais selon les prescriptions qu’Il a Lui-même établies.
L’Éternel poursuit ensuite Son enseignement en appelant Son peuple à vivre dans la sainteté. À propos des animaux déclarés impurs, Il dit à Israël : « Vous vous consacrerez et vous serez saints, car Je suis Saint ; vous ne vous rendrez pas impurs… » (Lv 11.41-45).
Quelques chapitres plus loin, Il renouvelle le même appel : « Transmets ces instructions à toute l’assemblée des Israélites : Vous serez saints, car Je suis Saint, Moi, l’Éternel, votre Dieu. » (Lv 19.1-2)
Les prescriptions qui suivent (Lv 19.3-37), puis les rappels des chapitres 20 et 22 (Lv 20.24-26 ; Lv 22.32-33), montrent que cette sainteté ne concerne pas seulement le culte rendu à Dieu ; elle doit imprégner toute la vie de Son peuple.
Le prophète Habacuc résume admirablement cette vérité lorsqu’il déclare parlant del’Éternel :
« Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et Tu ne peux pas regarder l’iniquité. » (Ha 1.13).
Chers frères et sœurs dans la foi, notre Dieu est Saint. Pour que l’être humain puisse vivre en communion avec Lui, il doit donc se détourner du péché et marcher dans la sanctification. C’est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ Lui-même rappelle l’exigence de la sainteté à tous ceux qui veulent Lui appartenir.
Après avoir longuement enseigné sur l’amour des ennemis, le Seigneur conclut en effet Son discours par ces paroles : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5.48).
Par cette déclaration, le Seigneur ne nous appelle pas simplement à adopter une bonne conduite morale ; Il nous invite à refléter le caractère même de notre Père céleste. La sainteté devient ainsi le but de tous ceux qui désirent vivre en Sa présence.
À la suite du Seigneur, l’apôtre Paul rappelle aux croyants de Thessalonique que la volonté de Dieu est leur sanctification. Il les exhorte à vivre dans la pureté, à maîtriser leurs passions et à respecter leur prochain, car Dieu ne les a pas appelés à l’impureté, mais à la consécration (1 Th 4.3-7).
Le même enseignement est repris dans l’épître aux Hébreux quand le serviteur de Dieu dit : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. » (He 12.14)
Cette exhortation montre que la sanctification n’est pas une option dans la vie chrétienne. Elle constitue le cheminement indispensable qui conduit à la communion avec Dieu.
Enfin, l’apôtre Pierre reprend lui aussi les paroles de l’Éternel en exhortant les croyants en ces termes : « En enfants obéissants, ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance. Au contraire, puisque Celui qui vous a appelés est Saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite. En effet, il est écrit : Vous serez saints, car Moi, Je suis Saint. » (1 P 1.14-16)
Chers frères et sœurs dans la foi, ces différents témoignages convergent vers une même vérité : la Sainteté du Père est parfaite. Elle est si élevée que l’être humain, encore marqué par le péché, ne peut soutenir Sa présence sans en être profondément bouleversé. Les précautions prises par le Seigneur lorsque Moïse Lui demanda de contempler Sa Gloire (Ex 33.19-23) en sont une illustration remarquable. Pourtant, Moïse n’était ni un idolâtre ni un rebelle. Il était le serviteur que Dieu avait Lui-même choisi pour conduire Israël hors d’Égypte (Ex 3.6–4.17). Malgré cette faveur exceptionnelle, il ne lui fut pas permis de contempler pleinement la Gloire du Père. Non parce que Dieu refusait de Se révéler à lui, mais parce que Sa Sainteté infinie dépasse tout ce que l’homme, dans sa condition actuelle, est capable de supporter.
Cette même réalité apparaît dans les visions accordées aux prophètes Ésaïe et Ézéchiel (Es 6.1-5 ; Ez 1.2-28). Tous deux sont saisis d’effroi devant la manifestation de la Gloire de Dieu, et il faut que le Seigneur Lui-même les relève pour qu’ils puissent recevoir leur mission (Es 6.6-8 ; Ez 2.1-2).
Peuple de Dieu, ces récits nous enseignent une vérité essentielle : la Gloire du Seigneur ne laisse jamais l’être humain indifférent. Elle produit la révérence, l’humilité et une profonde crainte de Dieu. C’est cette majesté incomparable que le psalmiste célèbre dans son magnifique cantique du Psaume 29 (Ps 29.2-11).
Cependant, si les Saintes Écritures révèlent la Sainteté infinie de notre Dieu, elles nous montrent également qu’Il est le Dieu Tout-Puissant.
b) L’Éternel, le Dieu Tout-Puissant
Peuple de Dieu, le fait que notre Dieu ait créé toutes choses, au commencement, par la seule puissance de Sa Parole constitue la première manifestation de Sa Toute-Puissance (Gn 1–2.1-4). Par la suite, face à la corruption généralisée de l’humanité, Il détruit le premier monde par les eaux du déluge, tout en préservant Noé et sa famille (Gn 7.7-24).
Dans le Livre de l’Exode, l’Éternel manifeste ensuite Sa puissance d’une manière exceptionnelle au milieu de l’Égypte, en accomplissant de nombreux signes et prodiges pour délivrer Son peuple de l’esclavage (Ex 7.8–12.30). Il ouvre ensuite la mer des Roseaux afin qu’Israël la traverse à pied sec (Ex 14.21-31). Quelques semaines plus tard, au mont Sinaï, Il Se révèle au peuple dans un déploiement impressionnant de Sa puissance pour lui transmettre les fondements de Sa Loi (Ex 19.16-24).
Le Livre des Nombres rapporte également plusieurs manifestations de cette puissance divine. Marie est frappée de lèpre pour avoir parlé contre Moïse (Nb 12.5-10). Plus tard, Koré, Dathan, Abiram et leurs partisans sont engloutis par la terre à cause de leur révolte contre l’autorité établie par Dieu (Nb 16).
Après l’entrée d’Israël en Canaan, le Seigneur continue d’agir avec puissance. Il ouvre les eaux du Jourdain devant Son peuple (Jos 3), lui accorde la victoire sur les rois de Canaan (Jos 12), humilie Jabin, roi de Canaan, devant Débora et Barak (Jg 4), puis livre Madian entre les mains de Gédéon avec une armée volontairement réduite (Jg 7). Même l’Arche de l’Alliance suffit à semer la désolation chez les Philistins lorsqu’ils s’en emparent (1 S 5).
Chers frères et sœurs dans la foi, ces événements ne constituent qu’un aperçu de la Puissance de notre Dieu telle qu’elle est révélée dans les Saintes Écritures. Le Livre de Job nous rappelle d’ailleurs que la création tout entière porte le témoignage de Sa souveraineté et de Sa Toute-Puissance (Jb 38–Jb 41). Si donc notre Dieu est à la fois infiniment Saint et Tout-Puissant, Son jugement s’en trouve-t-il affecté ? Comment s’applique Sa justice ?
c) L’Éternel, le Dieu Juste
Peuple de Dieu, dès les premières pages de l’Écriture, l’Éternel Se révèle comme un Dieu parfaitement juste. Le premier jugement prononcé après la chute en est un parfait exemple. À la suite de la désobéissance dans le jardin d’Éden, le Seigneur sanctionne équitablement chacun des trois protagonistes : le serpent, la femme et l’homme, chacun selon sa responsabilité (Gn 3.14-19).
Quelques chapitres plus loin, Caïn est puni pour avoir versé le sang de son frère Abel (Gn 4.8-15). Lorsque la méchanceté des hommes atteint son comble, l’Éternel fait disparaître le premier monde par les eaux du déluge. Cependant, Noé, reconnu comme le seul juste de sa génération, est préservé avec les membres de sa famille (Gn 6.5 ; Gn 7.7-24). Plus tard, Abraham lui-même s’appuie sur cette justice parfaite de Dieu lorsqu’il intercède en faveur de Sodome et Gomorrhe (Gn 18.17-32).
Dans le Livre de l’Exode, cette même justice apparaît dans la manière dont le Seigneur traite différemment les Égyptiens et les Israélites. Les plaies qui frappent l’Égypte ne procèdent pas d’une injustice, mais constituent la juste rétribution des violences et de l’oppression que les Hébreux avaient subies pendant plusieurs siècles (Gn 15.13-14 ; Ex 1.8-16 ; Ex 7.14–14.30).
Cependant, peuple de Dieu, l’Éternel n’exerce pas Sa justice uniquement contre les nations étrangères. Il l’applique également à Son propre peuple. Après l’épisode du veau d’or, les principaux responsables sont frappés par le jugement divin (Ex 32.27-29). Lorsque les espions découragent Israël en refusant de croire à la promesse de Dieu, toute cette génération est condamnée à mourir dans le désert (Nb 14.1-38). Koré, Dathan et Abiram périssent pour avoir contesté l’autorité établie par Dieu (Nb 16), tandis que les Israélites qui se livrent à l’idolâtrie et à l’immoralité avec les Moabites sont eux aussi sévèrement jugés (Nb 25.1-15).
L’histoire d’Israël confirme constamment cette impartialité de la justice divine. Les fils du grand prêtre Éli, ainsi que leur père, sont frappés à cause de leur conduite coupable (1 S 2.12-17 ; 1 S 4.1-18). Le roi Saül meurt avec ses fils à cause de sa désobéissance (1 S 31). Quant à David, bien qu’il soit un homme selon le cœur de Dieu, il subit de lourdes conséquences après son adultère avec Bath-Shéba et le meurtre d’Urie (2 S 12.15-19 ; 2 S 13 ; 2 S 15 ; 2 S 18). L’Écriture nous enseigne ainsi que les privilèges spirituels ne mettent personne à l’abri du juste jugement de Dieu.
Le premier Livre des Rois en fournit une autre illustration avec Jéroboam. Bien qu’il ait reçu de Dieu la royauté sur dix tribus d’Israël, il entraîne son royaume dans l’idolâtrie en érigeant deux veaux d’or et en instituant un culte contraire à la volonté de l’Éternel. Cette rébellion entraîne la condamnation de toute sa maison (1 R 12.26-33).
Les prophètes Esaïe et Ézéchiel rappelleront eux aussi cette justice inébranlable. Ésaïe dénonce les chefs infidèles, les idolâtres et annonce le jugement aussi bien d’Israël que des nations (Es 56.9-12 ; Es 57.1-13 ; Es 13–24). Ézéchiel condamne, pour sa part, les faux prophètes qui séduisent le peuple par de fausses paroles (Ez 13).
Chers frères et sœurs dans la foi, de la Genèse aux prophètes, les Saintes Écritures présentent constamment l’Éternel comme le Juge parfaitement juste de toute la création. Son jugement ne dépend ni du rang, ni du peuple, ni des privilèges de ceux qu’Il juge. Tous sont traités avec la même équité.
Chers frères et sœurs dans la foi, l’Écriture tout entière nous révèle que l’Éternel est le Juste Juge de toute la création.
Lorsqu’Il Se révèle à Moïse, le Seigneur Se présente en ces termes : « L’Éternel, l’Éternel, Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté et en vérité, qui conserve Son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne la faute, la révolte et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent et qui punit la faute des pères sur les enfants et sur les petits-enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération. » (Ex 34.6-7).
À travers cette révélation, le Seigneur montre que Sa justice n’est jamais dissociée de Sa grâce. Il pardonne au pécheur qui revient à Lui, mais Il ne laisse jamais le mal impuni. Toute Son action est marquée par un parfait équilibre entre miséricorde et justice. Cette justice se retrouve également dans les lois qu’Il donne à Son peuple.
Ainsi, au chapitre 19 du Livre du Lévitique, le Seigneur lui donne cet ordre : « Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements : tu n’auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. » (Lv 19.15).
Quelques chapitres plus loin, Il établit le principe de la juste rétribution, plus connu sous le nom de loi du talion. Il dit alors : « Celui qui frappera un homme mortellement sera puni de mort… fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent… Vous aurez la même loi, l’étranger comme l’indigène ; car Je suis l’Éternel, votre Dieu. » (Lv 24.17-22).
Loin d’encourager la vengeance, cette disposition visait à garantir une justice proportionnée, sans excès ni favoritisme. Dans le Livre du Deutéronome, l’Éternel étend encore cette justice à la protection des plus faibles.
Il donne alors cette prescription : « Tu ne porteras point atteinte au droit de l’étranger et de l’orphelin, et tu ne prendras point en gage le vêtement de la veuve. Tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte et que l’Éternel, ton Dieu, t’a racheté ; c’est pourquoi Je te donne ces commandements à mettre en pratique. » (Dt 24.17-18).
Pour rendre témoignage à cette justice parfaite de Dieu, le roi David déclare : « L’Éternel fait justice, Il fait droit à tous les opprimés. » (Ps 103.6).
Et Élihu, dans le Livre de Job, affirme : « Loin de Dieu l’injustice, loin du Tout-Puissant l’iniquité ! Il rend à l’homme selon ses œuvres, Il rétribue chacun selon ses voies. Non, certes, Dieu ne commet pas l’iniquité ; le Tout-Puissant ne viole pas la justice. » (Jb 34.10-12).
Peuple de Dieu, l’Éternel est donc parfaitement juste. Mais le Seigneur Jésus-Christ nous enseigne également que le Père est essentiellement Esprit (Jn 4.23-24). Cela signifie que notre Dieu n’est soumis à aucune des limites propres à la condition humaine. Il n’est ni prisonnier du temps, ni limité par l’espace, ni dépendant d’un corps de chair. Il n’est jamais fatigué, jamais affaibli, jamais tenté par le mal. Les souffrances, les besoins physiques, les passions, les défaillances et le péché qui caractérisent l’humanité n’ont aucune emprise sur Lui.

Notre Dieu demeure ainsi infiniment au-dessus des réalités humaines, comme nous le rappellent le Livre des Psaumes et le prophète Esaïe (Ps 103.11 ; Es 55.8-9). Et ceci, bien qu’Il connaisse parfaitement le cœur de chaque être humain (Jr 17.10). Une question demeure : comment Celui qui transcende totalement notre condition a-t-Il choisi de juger des hommes limités par la chair et marqués par le péché ?
Chers frères dans la foi, notre Dieu et Père aurait parfaitement pu exercer Lui-même le jugement de toute l’humanité. Puisque Sa justice est parfaite, Sa connaissance est absolue et Son autorité est souveraine. Personne n’aurait pu contester Ses décisions, puisqu’Il est Maître de tout. Pourtant, quoi de plus juste qu’Il remette ce jugement à Son Fils Unique, Celui qui a partagé la condition des humains ? Quoi de plus normal qu’Il remette ce jugement à Celui Qui a une double nature parfaitement Divine et parfaitement humaine à l’exception du péché ?
II. Le Seigneur Jésus-Christ : le seul Juge parfaitement qualifié pour l’humanité
Chers frères et sœurs dans la foi, après avoir suffisamment apprécié quelques attributs de notre Dieu, nous sommes unanimement parvenus à la conclusion que c’est pour Lui faire preuve de justice, que de laisser les Hommes être jugés par le Seigneur Jésus-Christ, Son Fils Unique. Pourtant, pour que nous puissions partager entièrement le même niveau de conviction, il nous faut découvrir ensemble, Qui est vraiment le Seigneur Jésus-Christ.
a) Le Seigneur Jésus-Christ, Vrai Dieu
Peuple de Dieu, de nombreux courants de pensée et plusieurs croyances religieuses refusent aujourd’hui de reconnaître la Divinité du Seigneur Jésus-Christ. Certains vont même jusqu’à L’associer aux ténèbres. Mais que nous révèlent réellement les Saintes Écritures au sujet de notre Seigneur et Maître ?
Dès les premiers versets du Livre de la Genèse, nous assistons au commencement de toute la création. L’Écriture nous dit : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » (Gn 1.1-2). Puis, par la seule puissance de Sa Parole, Dieu met progressivement toute la création en place (Gn 1–2.4).
Chers frères et sœurs dans la foi, ces premiers textes nous permettent déjà de discerner plusieurs manifestations de la Personne Divine : Dieu le Père, l’Esprit de Dieu planant au-dessus des eaux, et la Parole par laquelle toute la création est accomplie. Cette même présence de l’Esprit se retrouve plus tard tout au long de l’histoire du Salut, aussi bien dans l’Ancienne Alliance que dans la Nouvelle (Ex 31.2-11 ; Nb 11.24-26 ; 1 S 16.13 ; Lc 1.35 ; Ac 2.1-4). Quant à la Parole, elle apparaît dès l’origine comme l’instrument par lequel Dieu réalise Son œuvre créatrice.
Cette réalité est confirmée lorsque Dieu déclare : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… » (Gn 1.26).
Le récit de la création révèle ainsi que l’Éternel n’était pas seul lorsqu’Il créa l’homme. Le Père, Son Esprit et Sa Parole étaient déjà à l’œuvre. Pourtant, après les récits de la création, la Parole semble disparaître progressivement de la scène biblique.
Peuple de Dieu, plusieurs siècles plus tard, l’ange Gabriel est envoyé vers la vierge Marie pour lui annoncer la naissance du Sauveur (Lc 1.26-31). Face à l’étonnement de Marie, il lui répond : « Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de Son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1.35).
À ce stade du récit, nous pourrions penser que seuls interviennent le Père et le Saint-Esprit. Pourtant, l’apôtre Jean lève définitivement le voile sur l’identité de cette Parole présente dès le commencement, quand il écrit : « Au commencement était la Parole, la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par Elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans Elle. » (Jn 1.1-3).
Cette déclaration nous fait découvrir l’une des plus grandes révélations des Saintes Écritures. Elle confirme non seulement le récit de la Genèse, mais éclaire également le témoignage du Livre des Proverbes concernant la Sagesse éternelle présente auprès de Dieu avant la création du monde (Pr 8.22-31). Elle rejoint aussi le témoignage de Ben Sira, qui présente la Sagesse comme procédant de Dieu dès l’origine (Si 1.1-10).
Nous découvrons ainsi que le Seigneur Jésus-Christ est cette Parole éternelle qui était auprès du Père dès le commencement et qui a pleinement participé à l’œuvre de la création.
C’est précisément ce qu’affirme l’apôtre Paul lorsqu’il écrit aux Colossiens en ces termes : « Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le Royaume du Fils de Son amour, en Qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. Il est l’image du Dieu invisible, le Premier-né de toute la création. Car en Lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par Lui et pour Lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en Lui. » (Col 1.12-17).
Ainsi, le Seigneur Jésus-Christ n’est pas un simple prophète ou être humain banal apparu au cours de l’histoire. Il est la Parole éternelle de Dieu, présente avant la création du monde, participant pleinement à l’œuvre créatrice et soutenant encore aujourd’hui toute la création par Sa puissance.
En réalité peuple de Dieu, lorsque nous poursuivons notre lecture de l’Écriture, nous découvrons que le Seigneur Jésus-Christ n’a jamais cessé d’agir au milieu des hommes. Sa présence ne commence donc pas à Bethléhem, mais elle traverse toute l’histoire du Salut.
Le Seigneur Lui-même déclare dans l’Évangile de Jean : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que Je donnerai, c’est Ma chair, que Je donnerai pour la vie du monde. » (Jn 6.51).
Cette déclaration éclaire d’un jour nouveau le récit de la Genèse. Dès le jardin d’Éden, l’arbre de vie était placé au milieu du jardin, à côté de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Gn 2.8-9). Après la chute, l’Éternel en interdit l’accès afin que l’homme ne vive pas éternellement dans sa condition de pécheur (Gn 3.22-24). À la lumière de ces paroles du Seigneur Jésus-Christ, nous comprenons que cet arbre de vie annonçait déjà Celui qui est Lui-même la Vie et Qui donne la vie éternelle. L’apôtre Paul apporte un nouvel éclairage lorsqu’il écrit aux Corinthiens.
Il leur dit en effet : « Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ ». (1Co 10.1-4).
Par cette affirmation, l’apôtre montre que le Seigneur Jésus-Christ accompagnait déjà Israël pendant sa marche dans le désert. Celui qui allait plus tard Se révéler dans la chair était déjà à l’œuvre pour soutenir et préserver Son peuple.
Le Seigneur Jésus-Christ révèle Lui-même cette vérité de manière encore plus explicite lorsqu’Il déclare aux Juifs : « En vérité, en vérité, Je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je suis. » (Jn 8.58).
Par cette déclaration solennelle, le Seigneur ne revendique pas seulement une existence antérieure à Abraham. Il reprend le Nom même sous lequel l’Éternel S’était révélé à Moïse lors de l’épisode du buisson ardent (Ex 3.13-14). Il affirme ainsi, sans ambiguïté, Son identité Divine.
Chers frères et sœurs dans la foi, l’Écriture nous révèle donc un Seigneur Jésus-Christ éternel, présent avant la création, agissant tout au long de l’histoire du salut et pleinement uni au Père. Sa Divinité ne repose pas sur une seule déclaration, mais sur l’ensemble du témoignage biblique.
Et le Seigneur ne S’est pas seulement révélé comme le Dieu éternel présent avant la création. Pendant Son ministère terrestre, Il a également manifesté les attributs qui n’appartiennent qu’à Dieu.
Peuple de Dieu, les Évangiles nous montrent en effet un Seigneur qui connaît les pensées les plus secrètes du cœur des hommes (Mt 9.4 ; Jn 2.24-25), qui commande aux démons et les chasse avec autorité (Mt 8.16-17 ; Mc 5.1-20), qui guérit toutes sortes de maladies (Mt 4.23 ; Mt 9.1-8), qui exerce Son pouvoir sur les éléments de la nature en apaisant la tempête et en marchant sur les eaux (Mt 8.23-27 ; Mt 14.25-33), et qui rappelle même les morts à la vie, comme la fille de Jaïrus, le fils de la veuve de Naïn ou Lazare (Mt 9.18-26 ; Lc 7.11-17 ; Jn 11.38-44). À ces manifestations s’ajoute l’épisode de la transfiguration. Sur la montagne, le Seigneur laisse apparaître un instant la Gloire qui est la Sienne depuis toute éternité et S’entretient avec Moïse et le prophète Élie devant Pierre, Jacques et Jean (Mt 17.1-9). Cette scène constitue une nouvelle confirmation de Sa nature divine.
Chers frères et sœurs dans la foi, tous ces miracles témoignent de la Divinité du Seigneur Jésus-Christ. Toutefois, la preuve la plus éclatante demeure Sa résurrection. Après avoir livré Sa vie pour le salut du monde, le Seigneur triomphe de la mort et sort vivant du tombeau (Mt 28.1-10 ; Mc 16.1-8 ; Lc 24.1-8 ; Jn 20.1-18). Aucun homme ne pouvait accomplir une telle œuvre par sa propre puissance.
Pendant quarante jours, Il Se montre ensuite à Ses disciples dans un corps glorifié qui n’est plus soumis aux limites ordinaires de la condition humaine. Il entre malgré les portes fermées, apparaît à différents endroits et confirme à plusieurs reprises la réalité de Sa résurrection (Mt 28.16-20 ; Lc 24.13-49 ; Jn 20.19-29 ; Jn 21.1-23).
Au terme de ces quarante jours, le Seigneur est élevé au ciel sous les regards de Ses disciples (Mc 16.19 ; Lc 24.50-51). Mais Son œuvre ne s’arrête pas là. Fidèle à Sa promesse, Il répand le Saint-Esprit sur les apôtres réunis le jour de la Pentecôte (Ac 2.1-4). Plus tard, Il Se révèle personnellement à Saul de Tarse sur le chemin de Damas, transformant le persécuteur de l’Église en apôtre des nations (Ac 9.3-6). Enfin, sur l’île de Patmos, le Seigneur glorifié apparaît à l’apôtre Jean dans toute la splendeur de Sa Majesté. Celui qui avait marché humblement sur les chemins de Galilée Se révèle désormais comme le Seigneur glorieux, vivant aux siècles des siècles et détenant les clefs de la mort et du séjour des morts (Ap 1.9-19).
Chers frères et sœurs dans la foi, l’ensemble de ces témoignages ne laisse subsister aucun doute : le Seigneur Jésus-Christ est véritablement Dieu. Il est la Parole éternelle faite chair, le Créateur de toutes choses, le Maître de la vie et de la mort, le Ressuscité glorieux qui règne éternellement auprès du Père.
Mais, si le Seigneur Jésus-Christ est pleinement Dieu, Sa nature divine L’a-t-Elle empêché de devenir pleinement Homme ?
b) Le Seigneur Jésus-Christ, Vrai Homme
Chers frères et sœurs dans la foi, après l’annonce de la naissance du Seigneur par l’ange Gabriel à la vierge Marie (Lc 1.26-38), vient naturellement le temps de Son incarnation. Au terme d’une grossesse semblable à celle de tout être humain, le Seigneur Jésus-Christ naît à Bethléhem. Faute de place dans l’auberge, Il est couché dans une mangeoire, partageant dès Sa naissance la condition des plus humbles (Lc 2.4-7).
L’Évangile de Matthieu rapporte ensuite la visite des mages, conduits depuis l’Orient par l’étoile annonçant la naissance du Roi des Juifs (Mt 2.1-12). De son côté, l’Évangile de Luc nous montre les anges annoncer cette naissance aux bergers, qui viennent aussitôt adorer l’Enfant (Lc 2.8-20).
Huit jours après Sa naissance, le Seigneur est circoncis. Il est ensuite présenté au Temple, conformément aux prescriptions de la Loi donnée à Moïse (Lc 2.21-24). Très tôt cependant, Sa vie est menacée par la jalousie du roi Hérode, qui cherche à Le faire mourir. Joseph et Marie sont alors contraints de fuir en Égypte avant de s’établir plus tard à Nazareth, où l’Enfant grandit naturellement (Mt 2.13-23).
Nous retrouvons ensuite le Seigneur à l’âge de douze ans dans le Temple de Jérusalem. C’est à cette occasion qu’Il évoque, pour la première fois, la maison de Son Père. Pourtant, après cet épisode, Il retourne à Nazareth et demeure soumis à l’autorité de Ses parents, comme tout enfant de Son époque (Lc 2.41-52).
Parvenu à l’âge d’environ trente ans, Il Se rend auprès de Jean-Baptiste pour recevoir le baptême, manifestant ainsi une parfaite obéissance au dessein du Père (Mt 3.13-17 ; Mc 1.9-11 ; Lc 3.21-22 ; Jn 1.29-34). Aussitôt après, conduit par l’Esprit dans le désert, Il affronte le Tentateur pendant quarante jours de jeûne, au cours desquels Il éprouve pleinement la faim (Mt 4.1-11 ; Lc 4.1-13).
Peuple de Dieu, malgré Sa Divinité incontestable, le Seigneur Jésus-Christ a pleinement partagé notre condition humaine, à l’exception du péché (1 P 2.22).
Les Évangiles nous montrent qu’Il a connu la faim après Son jeûne (Mt 4.2), la fatigue au bord du puits de Jacob et pendant la traversée du lac (Mc 4.35-38 ; Jn 4.1-6), la tristesse devant la mort de Lazare (Jn 11.33-36), ainsi que l’angoisse profonde éprouvée à Gethsémané à l’approche de la croix (Mt 26.36-46 ; Mc 14.32-42 ; Lc 22.39-46).
Au moment de remettre Son Esprit au Père, le Seigneur laisse même échapper ce cri rempli de désespoir : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M’as-Tu abandonné ? » (Mt 27.46 ; Mc 15.34).
Après Sa résurrection, loin de renier Son humanité, Il la confirme encore en mangeant avec Ses disciples et en leur préparant Lui-même un repas sur le rivage du lac de Tibériade (Lc 24.41-43 ; Jn 21.4-14).
Chers frères et sœurs dans la foi, cette parfaite humanité du Seigneur Jésus-Christ est admirablement résumée par l’apôtre Paul lorsqu’il écrit dans son épître aux Philippiens : « Lui, dont la condition était celle de Dieu, Il n’a pas regardé Son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais Il S’est dépouillé Lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; reconnu comme un simple homme, Il S’est humilié Lui-même en Se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort sur une croix. » (Ph 2.6-8).
L’homme de Dieu complète cette révélation dans l’épître aux Hébreux en nous adressant cet encouragement : « Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, Il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » (He 4.14-15).
Chers frères et sœurs dans la foi, le Seigneur Jésus-Christ n’a pas seulement partagé notre nature humaine ; Il en a également connu les souffrances. Méprisé et rejeté des hommes, comme l’avait annoncé le prophète Ésaïe (Es 53.2-9), Il a fait l’expérience de la haine, de l’abandon, de l’injustice et de la souffrance (Mc 9.12). Il a également vu de près les ravages que le péché produit dans le cœur humain. Il a assisté au départ de nombreux disciples (Jn 6.66), à la faiblesse de Ses plus proches compagnons (Mt 26.41), au reniement de Pierre (Mt 26.69-75) et à la fuite de ceux qui L’avaient pourtant suivi pendant plusieurs années (Mc 14.50-52). Il connaît donc parfaitement les combats, les fragilités et les limites de la nature humaine.
Peuple de Dieu, parvenus à ce niveau, nous avons la preuve d’une vérité fondamentale : Le Seigneur Jésus-Christ est pleinement Dieu et pleinement Homme. Il connaît parfaitement les exigences de la Sainteté du Père, parce qu’Il partage Sa nature divine. Mais Il connaît également, par expérience, les souffrances, les limites et les combats de l’humanité, parce qu’Il a véritablement vécu notre condition, sans jamais céder au péché. Aussi cette double nature fait-elle de Lui le seul Être parfaitement qualifié pour exercer le jugement de toute l’humanité.

III. Le Seigneur Jésus-Christ, le Seul pleinement qualifié pour juger l’humanité
a) Le Seigneur Jésus-Christ, le Seul Juge possible
Peuple de Dieu, les développements précédents nous ont permis de contempler la Grandeur de notre Père céleste. Nous avons découvert combien l’être humain est fragile devant Lui et combien Ses pensées demeurent au-dessus des nôtres (Ps 62.10 ; Es 55.8-9). L’Écriture nous a également révélé Sa nature essentiellement spirituelle (Jn 4.23-24), Sa Toute-Puissance (Jb 38–41), Sa Sainteté parfaite (Ex 33.19-23 ; Es 6.1-7 ; Ez 1.26-28) ainsi que Sa Justice irréprochable (Lv 19.15 ; Lv 24.17-22 ; Jb 34.10-12).
Dans le même temps, nous avons découvert que le Seigneur Jésus-Christ est pleinement Dieu et pleinement Homme. Éternel comme le Père, Il partage Sa nature divine (Jn 1.1-3 ; Jn 8.58 ; Col 1.15-17). Mais, Il a également partagé notre condition humaine, en faisant l’expérience de toutes ses limites, sans jamais commettre de péché (Lc 2.4-7 ; Mt 4.1-11 ; He 4.14-15).
Enfin, nous avons rappelé la condition de l’être humain : créé à l’image de Dieu, mais profondément marqué par le péché et incapable, par lui-même, de satisfaire aux exigences de la justice divine (Ps 14.1-3 ; 1 Jn 1.8-10).
Chers frères et sœurs dans la foi, comment dans ces conditions, le Père n’aurait-Il pas confié le jugement de l’humanité à Son Fils ? Qui pouvait mieux remplir cette mission que Celui qui connaît parfaitement le Père, tout en connaissant parfaitement les hommes ?
L’apôtre Jean écrit à ce sujet : « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est Celui qui L’a fait connaître. » (Jn 1.18).
Toujours dans le même Evangile au chapitre 3, le Seigneur Jésus-Christ Lui-même déclare : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. » (Jn 3.13).
Il ajoute au chapitre 6 : « Ce n’est pas que quelqu’un ait vu le Père, sinon Celui qui vient de Dieu ; Celui-là a vu le Père. » (Jn 6.46).
Enfin, dans l’Évangile de Matthieu, Il affirme : « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut Le révéler. » (Mt 11.27).
Ces déclarations nous enseignent vers une même vérité : le Seigneur Jésus-Christ est le Seul à connaître parfaitement le Père.Il connaît Sa volonté, Son cœur, Sa justice et les exigences de Son Royaume. D’ailleurs, Il déclare Lui-même au chapitre 16 de l’Evangile de Jean : « Tout ce que le Père a est à Moi. » (Jn 16.15).
Mais, dans le même temps, Il connaît également les hommes. Il a partagé leur existence, leurs souffrances, leurs combats et leurs faiblesses, sans jamais céder au péché. Nous avons donc, d’un côté, le Dieu Très-Haut, infiniment Saint, infiniment Juste et infiniment Grand ; de l’autre, une humanité fragile, limitée et pécheresse ; et entre les deux, le Seigneur Jésus-Christ, pleinement Dieu et pleinement Homme.
Peuple de Dieu, pouvait-il exister un Juge plus juste ? Pouvait-il exister un médiateur plus parfaitement qualifié pour exercer le jugement de toute l’humanité ?
Le prophète Ésaïe annonçait déjà cette justice parfaite lorsqu’il écrivait : « Il ne jugera pas sur l’apparence, Il ne Se prononcera pas sur un ouï-dire. Mais Il jugera les faibles avec justice, et Il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre. » (Es 11.3-4).
Les Évangiles nous montrent d’ailleurs le Seigneur exercer cette justice avec une parfaite équité, qu’il s’agisse de la femme pécheresse (Lc 7.36-50), du centurion romain (Lc 7.1-10), du pharisien et du publicain (Lc 18.9-14), de la femme adultère (Jn 8.1-11) ou encore des chefs religieux qu’Il reprend avec fermeté (Mt 23.1-36).
Chers frères et sœurs dans la foi, la décision du Père de remettre tout jugement à Son Fils apparaît ainsi comme l’expression parfaite de Sa justice et de Sa sagesse. Mais elle poursuit également un autre dessein : Celui de rendre au Fils la Gloire qui Lui revient, après l’abaissement volontaire qu’Il a accepté pour le Salut de l’humanité (Jn 5.22-23 ; Ph 2.9-11).
Il est donc désormais établi que tous les êtres humains comparaîtront devant Dieu (Rm 14.10-12), et que ce jugement sera exercé par le Seigneur Jésus-Christ Lui-même (2 Co 5.10).
b) Le Seigneur Jésus-Christ, le Seul Juge, gage de la Vie éternelle
Chers frères et sœurs dans la foi, lorsque nous pensons au jour du jugement divin, beaucoup d’entre nous sont saisis d’inquiétude. Nous sommes conscients de nos faiblesses et savons combien notre vie demeure encore imparfaite, malgré notre désir sincère de marcher selon la volonté de notre Père. D’autres, au contraire, se croient définitivement exclus de la grâce de Dieu et vivent dans le découragement.
Pourtant, les développements précédents nous ont permis de découvrir une vérité profondément rassurante. Nous avons vu que le Père est parfaitement juste et que le Seigneur Jésus-Christ exerce cette même justice. Nous avons également compris que, parce qu’Il a partagé notre condition humaine sans jamais céder au péché, Il est le Seul capable de juger les hommes avec une parfaite équité.
Mais l’Écriture nous révèle encore une autre réalité tout aussi essentielle.
De l’Ancienne à la Nouvelle Alliance, elle affirme qu’aucun être humain n’est exempt de péché (Ps 14.1-3 ; 1 Jn 1.8-10). Elle enseigne également que chacun sera jugé selon ses œuvres (Ez 18.30 ; Jr 17.10 ; Mt 16.27 ; 2 Co 5.10 ; Ap 20.12).
Peuple de Dieu, une question s’impose alors : comment pourrions-nous être déclarés justes devant Dieu si nous sommes tous pécheurs ?
Le Seigneur Jésus-Christ Lui-même répond à cette question lorsqu’Il déclare à Nicodème :
« Dieu, en effet, n’a pas envoyé Son Fils dans le monde pour qu’Il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Celui qui croit en Lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » (Jn 3.17-18).
Quelques versets plus loin, le Seigneur ajoute : « Celui qui croit au Fils a la Vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jn 3.36).
Avant de déclarer au chapitre 5 du même Évangile : « En vérité, en vérité, Je vous le dis, celui qui écoute Ma Parole et qui croit à Celui qui M’a envoyé a la Vie éternelle ; il ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jn 5.24).
Chers frères et sœurs dans la foi, ces paroles révèlent toute la singularité du jugement confié au Seigneur Jésus-Christ. Celui qui est établi Juge de toute l’humanité est aussi Celui qui offre le Salut à tous ceux qui mettent leur foi en Lui.
Pourquoi en est-il ainsi ? D’abord, parce que, par Sa mort sur la croix, le Seigneur Jésus-Christ a payé le prix qu’exigeait le péché. En portant Lui-même notre condamnation, Il ouvre à tous ceux qui croient en Lui, le chemin de la justification devant Dieu (Es 53.5 ; Rm 6.23 ; Col 2.14 ; 1 P 2.24). Ensuite, parce qu’ayant partagé notre condition humaine, Il demeure continuellement notre Intercesseur auprès du Père. Il connaît nos faiblesses, plaide en faveur de ceux qui Lui appartiennent et ne cesse d’intercéder pour eux (Rm 8.34 ; He 7.25 ; 1 Jn 2.1-2). Enfin, le Seigneur n’abandonne pas les croyants à leurs propres forces. Il leur donne Son Esprit, qui les console, les fortifie et les conduit progressivement dans une vie conforme à la volonté du Père (Jn 14.15-18 ; Jn 16.13 ; Rm 8.26 ; Ga 5.16-23).
Peuple de Dieu, quel immense sujet d’espérance ! Celui devant Qui nous comparaîtrons n’est pas un juge étranger à notre condition. Il est Celui qui nous a aimés jusqu’à donner Sa vie pour nous, Celui qui connaît chacune de nos faiblesses, Celui qui intercède continuellement en notre faveur et Celui qui nous donne chaque jour la force de marcher dans la sainteté. Le jugement du Seigneur Jésus-Christ n’est donc pas une menace pour celui qui demeure en Lui ; il est l’aboutissement de l’œuvre de Salut commencée à la croix. C’est pourquoi le croyant n’attend pas le retour de son Seigneur avec terreur, mais avec confiance, dans l’espérance de la Vie éternelle qu’Il lui a promise.

Conclusion
Au terme de ce partage peuple de Dieu, l’Écriture nous montre que le choix du Père de remettre tout jugement au Seigneur Jésus-Christ est l’expression parfaite de Sa justice et de Sa sagesse. Étant pleinement Dieu, le Seigneur connaît parfaitement le Père, Sa volonté et les exigences de Son Royaume. Étant pleinement Homme, Il connaît également la condition humaine pour l’avoir Lui-même partagée, sans jamais commettre de péché.
Le Seigneur Jésus-Christ est ainsi le Seul Être pleinement qualifié pour exercer le jugement de toute l’humanité. Mais ce Juge est également le Sauveur du monde. C’est pourquoi tous ceux qui placent leur foi en Lui ont déjà l’assurance de la Vie éternelle et attendent Son retour avec espérance, dans la certitude que Son jugement sera parfaitement juste.
Verset à méditer
«Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.Celui qui croit en lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ». (Jn 3.17-18).


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