Dieu n’a créé qu’une seule humanité

Tous les hommes appartiennent à une même humanité, mais Dieu les distingue selon leur foi et leur relation avec Lui.

Introduction

Chers frères et sœurs dans la foi, depuis plusieurs siècles, l’humanité est marquée par de nombreuses divisions fondées sur la couleur de la peau, l’origine ethnique, la langue, la culture ou la nationalité. Ces différences, pourtant naturelles dans la diversité de la création, ont souvent été utilisées pour justifier la haine, le mépris, l’esclavage, les discriminations ou encore la prétendue supériorité d’un peuple sur un autre. Même en prenant pour base la Parole de Dieu, certains passages sont parfois interprétés de manière erronée pour défendre des théories raciales ou tribales qui ne correspondent nullement au dessein de Dieu.

Pourtant, lorsque nous parcourons l’Ecriture de la Genèse à l’Apocalypse, une vérité toute simple s’impose : Dieu n’a jamais établi une hiérarchie entre les peuples selon leur origine. Au contraire, Il révèle que tous les hommes proviennent d’une même source, qu’Il gouverne souverainement toutes les nations, qu’Il juge chacun avec justice et qu’Il offre le Salut à tous par Jésus-Christ. Dès lors, plusieurs questions méritent d’être posées : Quelle est l’origine de l’humanité ? Sur quel fondement le Seigneur distingue-t-Il réellement les hommes ? Pourquoi Israël a-t-il été choisi parmi toutes les nations ? Que compte-t-il réellement pour le Seigneur lorsqu’Il porte Son regard sur l’être humain ?

Chers frères et sœurs dans la foi, en nous appuyant exclusivement sur l’Ecriture, revisitons ensemble l’humanité telle que créée et voulue par notre Dieu et Père.

I. Toute l’humanité découle d’une seule source

a) À l’origine

Chers frères et sœurs dans la foi, dès le premier chapitre du Livre de la Genèse, l’Ecriture nous enseigne que tous les hommes procèdent d’un seul couple créé par Dieu Lui-même.

En effet, après que l’Eternel eût créé les cieux, la terre et tout ce qu’ils renferment (Gn 1.1-25), les Textes nous rapportent : « Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. (Gn 1.26-28)

Peuple de Dieu, le deuxième chapitre de la Genèse précise encore davantage l’origine commune de toute l’humanité. Il rapporte ainsi que Dieu forma d’abord Adam de la poussière de la terre, puis qu’Il tira Ève du côté de l’homme afin qu’elle soit son épouse et assure son bonheur (Gn 2.7-24). Ainsi, dès le commencement, tous les êtres humains reçoivent la même origine, la même nature et la même dignité, puisqu’ils sont tous créés à l’image de Dieu.

Les premiers enfants d’Adam et Ève, Caïn et Abel, inaugurent la première génération de l’humanité (Gn 4.1-2). Après eux naissent d’autres fils et d’autres filles, dont Seth, par lequel la descendance d’Adam va se poursuivre (Gn 4.17-26 ; Gn 5). Plus tard, les généalogies rapportées au chapitre 5 du Livre de la Genèse montrent la continuité de cette unique lignée humaine depuis Adam jusqu’à Noé aux générations suivantes (Gn 5).

Cependant, l’humanité va rapidement s’éloigner de son Créateur. La méchanceté des hommes devient en effet si grande que l’Éternel décide de purifier la terre par le déluge, tout en préservant Noé, unique homme trouvé juste à cette époque, ainsi que toute sa famille (Gn 6–9 ; 2 P 2.5).

Chers frères et sœurs dans la foi, à partir de ce moment, une nouvelle réalité apparaît et après le déluge, tous les peuples de la terre descendent désormais des trois fils de Noé que sont Sem, Cham et Japhet (Gn 10). Ainsi, malgré la diversité progressive des langues, des cultures et des peuples, toute l’humanité conserve une origine commune comme nous le rapporte le premier chapitre du premier Livre des Chroniques (1 Ch 1).

Dans la généalogie rapportée dans ce livre rapporte apparaît Abraham, un homme que l’Éternel notre Dieu va choisir dans Sa propre Souveraineté (Gn 12.1-3). Le Seigneur va faire des promesses à Abraham et établir une alliance avec lui (Gn 13.14-18 ; Gn 15 ; Gn 17.1-22 ; Gn 22.16-18).  Et c’est en conformité à ces promesses et à cette alliance que l’Eternel va plus tard faire naître le peuple d’Israël (1Ch 1.24-28 ; 1Ch2.1-1Ch8).

Toutefois chers frères et sœurs dans la foi, malgré cet engagement du Seigneur envers ce peuple, Il prend Lui-même soin de préciser que ce choix ne repose nullement sur une quelconque supériorité naturelle de cette nation vis-à-vis des autres. 

Le Livre de Deutéronome nous rapporte en effet les paroles que Moïse a adressées à ce peuple en ces termes : « Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples que l’Éternel s’est attaché à vous et vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l’Éternel vous aime et parce qu’Il a voulu tenir le serment fait à vos pères, l’Eternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Egypte. » (Dt 7.7-8)

Ainsi, l’élection d’Israël procède uniquement de l’amour souverain de Dieu et de Sa fidélité à Ses promesses, et non d’une supériorité raciale, ethnique ou culturelle.

b) Avec Israël

Chers frères et sœurs dans la foi, l’appel d’Abraham et la naissance du peuple d’Israël pourraient laisser penser que Dieu aurait désormais réservé Son intérêt à une seule nation, en lui accordant une valeur supérieure aux autres peuples. Mais comme nous venons de le démontrer, si Israël occupe une place particulière dans le plan du Salut, ce privilège ne repose pas sur une prétendue supériorité ethnique ou culturelle, mais uniquement sur la Volonté Souveraine de Dieu d’accomplir les promesses faites aux patriarches. L’élection d’Israël ne repose pas davantage sur quelques exploits de justice accomplis devant Dieu.

 Moïse le fait en effet savoir à la communauté d’Israël quand il déclare au chapitre 6 du Livre de Deutéronome : « Ce n’est point à cause de ta justice, ni à cause de la droiture de ton cœur, que tu entres en possession de leur pays ; mais c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Éternel, ton Dieu, les chasse devant toi, et c’est pour confirmer la parole que l’Éternel a jurée à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.Sache donc que ce n’est point à cause de ta justice que l’Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays en possession ; car tu es un peuple au cou raide. » (Dt 9.4- 6).

Chers frères et sœurs dans la foi, ces paroles démontrent que l’Eternel notre Dieu ne favorise jamais un peuple parce qu’il serait naturellement meilleur qu’un autre. Si Israël reçoit le pays de Canaan, c’est d’une part en raison de l’extrême corruption morale des peuples cananéens, et d’autre part parce que Dieu demeure fidèle à l’alliance conclue avec Abraham, Isaac et Jacob.

L’élection d’Israël est donc une élection de grâce assortie d’une exigence pour notre Dieu d’ôter l’immoralité de Canaan, non une reconnaissance d’une quelconque supériorité raciale, ethnique ou culturelle. En continuant notre étude du premier livre des Chroniques, nous découvrons en effet qu’Israël n’a jamais constitué un peuple ethniquement fermé. Au contraire, de nombreuses unions avec des membres d’autres peuples apparaissent tout au long de son histoire (1 Ch 2 à 8).

Déjà, Juda épouse une Cananéenne (Gn 38.2). Joseph fonde sa famille en Égypte avec Asnath, fille d’un prêtre égyptien (Gn 41.45). Salmon épouse Rahab, une Cananéenne de Jéricho (Jos 2 ; Mt 1.5). Boaz épouse Ruth, une Moabite (Rt 4.13 ; Mt 1.5). Plus tard encore, plusieurs étrangers s’intègrent au peuple d’Israël, jusqu’à figurer dans la généalogie du Seigneur Jésus-Christ (Mat 1.1-16).

Ainsi, dès l’Ancien Testament, Dieu montre que Son dessein dépasse largement les frontières d’une seule nation.

Israël est le peuple choisi pour recevoir les alliances, la Loi, les prophètes et, finalement, le Messie comme nous l’apprend l’apôtre Paul dans son épître aux Romains (Rm 9.4-5). Pourtant, cette élection manifeste simplement la manière dont Dieu a choisi de conduire progressivement Son plan de Salut, jusqu’à la venue du Seigneur Jésus-Christ, en qui toutes les nations ont été appelées à recevoir la bénédiction promise à Abraham (Rm 4. 13-25).

Peuple de Dieu, c’est cette universalité de Sa justice, de Son Salut et de Son Amour ; que le Seigneur va parfois faire voir à d’autres nations.

c) Le Seigneur Se révèle et agit aussi parmi les autres peuples

Chers frères et sœurs dans la foi, bien que le Seigneur eût choisi Israël pour accomplir Son plan de Salut, Il n’a jamais cessé d’exercer Sa souveraineté sur l’ensemble des nations. Alors même que notre Dieu instruit encore Israël sur la manière de marcher en Sa présence, Il établit les mêmes règles pour l’israélite et l’étranger vivant au milieu de cette communauté.

Il dit en effet au quatrième commandement : « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier.Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes ». (Ex 20.8-10).

Notre Dieu va revenir avec la même exigence dans le Livre de Lévitique quand Il dira : « Vous aurez la même loi, l’étranger comme l’indigène ; car Je suis l’Éternel, votre Dieu. » (Lv 24.22)

Chers frères et sœurs dans la foi, ces deux Textes nous rappellent que la justice de Dieu ne varie pas selon l’origine des hommes. L’étranger placé sous l’autorité de la Loi bénéficie des mêmes droits et demeure soumis aux mêmes exigences que l’Israélite.

L’histoire d’Israël montre également que Dieu demeure le Maître de toutes les nations. En effet, lorsque Son peuple s’éloigne de Lui, l’Éternel suscite successivement des Madianites, des Moabites, des Philistins, des Assyriens, des Babyloniens et bien d’autres peuples pour exercer Son jugement contre cette communauté (Jg 2.11-23 ; 1 Ch 5 ; 2 R 24.1-4 ; 2 R 25.1-25).

Les autres royaumes eux-mêmes deviennent, parfois sans le savoir, les instruments de Sa justice. Nous en avons un bel exemple dans le livre de Daniel, quand l’Éternel révèle, par un songe, la succession des grands empires qui marqueront l’histoire du monde à Nebucadnetsar, roi de Babylone (Dn 2.1-47). Plus tard, le roi Cyrus de Perse est choisi par Dieu pour permettre le retour des déportés et la reconstruction du Temple de Jérusalem (Esd 1.1-4). Cette mission est d’ailleurs annoncée plus d’un siècle avant la naissance de Cyrus par le prophète Ésaïe, allant jusqu’à le désigner par son nom (Es 44.28 ; Es 45.1-7). Le prophète Ésaïe proclame d’ailleurs à plusieurs reprises que l’Éternel est le Créateur des cieux, de la terre et de tous les hommes (Es 42.5 ; Es 45.18 ; Es 66.1-2).

Il n’existe donc pas un dieu pour Israël et un autre pour les nations. Il n’existe qu’un seul Dieu, Créateur de toute l’humanité, devant lequel tous les peuples sont également responsables.

d) Dans la Nouvelle Alliance

Peuple de Dieu, la venue du Seigneur Jésus-Christ marque une étape décisive dans la révélation du dessein de Dieu envers l’humanité. Si Israël demeure le peuple à travers lequel le Messie est venu dans le monde, le Salut annoncé par les prophètes est désormais offert à toutes les nations, sans distinction d’origine.

En effet dès les premiers jours de Son existence terrestre, le Seigneur Jésus montre que Son œuvre dépasse déjà les frontières d’Israël. Alors que le roi Hérode cherche à faire mourir l’enfant Jésus, un ange apparaît à Joseph en songe et lui ordonne de fuir en Égypte avec Marie et l’Enfant (Mt 2.13-15). C’est ainsi sur une terre étrangère que le Fils de Dieu trouve refuge avant de revenir en Israël, tel que l’avait annoncé le prophète Osée (Os 11.1).

Au cours de Son ministère, le Seigneur Jésus-Christ franchit volontairement des barrières que la communauté juive de Son époque refusait de traverser. Près du puits de Jacob, Il offre le Salut à une femme samaritaine ainsi qu’à ses compatriotes (Jn 4.6-26 ; Jn 4.39-42), bien que les Samaritains fussent méprisés par les Juifs en raison de leurs origines et de leurs pratiques religieuses (Esd 9.1- Esd 10.44).

Le Seigneur manifeste également cette même ouverture lorsqu’un centurion romain vient Lui demander la guérison de son serviteur (Mt 8.5-13 ; Lc 7.1-10). Et bien que cet officier appartienne à l’armée qui occupe Israël, le Seigneur loue sa foi en disant : « Je vous le dis en vérité, même en Israël Je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. » (Mt 8.10). Il ajoute aussitôt : « Plusieurs viendront de l’orient et de l’occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux. » (Mt 8.11).

Chers frères et sœurs dans la foi, par ces paroles, le Seigneur annonce que des croyants issus de toutes les nations prendront part aux promesses faites aux patriarches. Nous voyons d’ailleurs cela, lorsqu’Il délivre finalement la fille d’une femme syro-phénicienne d’une possession démonique, bien qu’Il lui eût rappelé que Son ministère terrestre est d’abord adressé à Israël (Mc 7.24-30).

Après la résurrection et l’ascension du Seigneur Jésus-Christ, cette ouverture devient pleinement manifeste. Le Saint-Esprit envoie Philippe à la rencontre d’un haut fonctionnaire éthiopien qui revient de Jérusalem pour lui annoncer la bonne Nouvelle du Salut (Ac 8.26-39).

Peu après, Dieu envoie l’apôtre Pierre chez Corneille, un centurion romain pour leur offrir le même Salut, à lui et à toute sa maison (Ac 10).  Enfin, le Seigneur appelle Saul de Tarse, pour en faire l’apôtre Paul, destiné aux nations non- juives (Ac 9.15)

Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul nous permet de comprendre le dessein Souverain de notre Dieu en démontrant le péché de toute la race humaine devant Sa face (Rm 3.9-23) et la Grâce Divine offerte à tous (Rm 3.21-31). Ainsi, devant notre Dieu, il n’existe pas plusieurs catégories d’hommes selon leur origine, leur race ou leur culture ; mais une seule humanité ayant besoin du même Sauveur et Seigneur (1 Co 8.4-6). Dans le Livre de l’Apocalypse, l’apôtre Jean nous permet de contempler la foule immense des rachetés constituée de tous les peuples, toutes les races, toutes les langues et toutes les tribus ; rassemblée devant le trône de Dieu (Ap 7.9-12).

Peuple de Dieu, ces Textes nous montrent avec clarté que devant le Seigneur, il n’existe qu’une seule humanité qu’Il juge, dirige et aime avec équité.

Humanité-Dieu

S’il en est ainsi, que justifie-t-il donc la distinction observée parmi les hommes devant notre Dieu ?

II. Dieu distingue les hommes selon leur relation avec Lui

a) À l’origine

Chers frères et sœurs dans la foi, après avoir prouvé l’origine commune de tous les hommes, notre Dieu nous révèle la considération que Lui témoignent les êtres humains qu’Il a créés, les distingue en Sa Présence.

Et cette distinction apparaît au sein même de la première famille humaine. Caïn et Abel sont deux frères, nés des mêmes parents, appartenant à la même famille et partageant la même origine. Pourtant, ils présentent leurs offrandes à l’Éternel, Dieu porte un regard favorable sur Abel et sur son offrande, tandis qu’Il rejette celle de Caïn (Gn 4.1-5).

Pour justifier cette distinction du Seigneur l’épître aux Hébreux affirme : « C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c’est par elle qu’il fut déclaré juste. » (He 11.4).

A cause du rejet de son offrande par l’Eternel, plutôt de suivre le conseil de Dieu et de corriger son erreur, Caïn va assassiner Abel (Gn 4.5-8). Pour donner une origine plus spirituelle à la nature intrinsèque de Caïn, l’apôtre Jean dira dans son épître : « Ne ressemblons pas à Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. » (1 Jn 3.12).

Ainsi, dès le commencement, Dieu distingue deux hommes non en raison de leur naissance, mais à cause de leur disposition spirituelle. Après la mort d’Abel, Dieu donne Seth à Adam et Ève. À partir de ce moment, les généalogies distinguent la descendance de Caïn de celle de Seth (Gn 4.16-26 ; Gn 5). Cette distinction n’est pas fondée sur une différence d’origine, mais sur deux orientations spirituelles opposées.

Lorsque plus tard, la méchanceté envahit toute la terre (Gn 6.1-6), l’Ecriture dit : « Et l’Éternel dit: J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits.Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Éternel.  Voici la postérité de Noé. Noé était un homme juste et intègre dans son temps; Noé marchait avec Dieu. » (Gn 6. 7-9).

Et alors que le jugement divin s’abat sur toute l’humanité par le déluge, Dieu sauve Noé et sa famille (Gn 7.7-Gn 8.19). Dans sa deuxième lettre l’apôtre Pierre appellera Noé « le prédicateur de la justice » (2 P 2.5).

Après le déluge, lorsque Cham manque gravement de respect à son père, Noé prononce des paroles de jugement contre Canaan, fils de Cham, tandis qu’il bénit Sem et Japhet (Gn 9.20-27). Et finalement, lors de la destruction de Sodome et Gomorrhe à cause de leur corruption, le Seigneur offre le salut à Lot est délivré et à ses deux filles (Gn 19.1-29). Toujours dans sa seconde lettre, l’apôtre Pierre présente cet homme comme le seul homme juste présent à cette époque dans ces villes (2 P 2.7).

Ainsi, peuple de Dieu, dès les origines de l’humanité, la ligne de séparation établie par le Seigneur ne passe jamais entre les peuples, mais entre la foi et la rébellion, entre l’obéissance et l’impiété.

b) Avec Israël

Chers frères et sœurs dans la foi, l’histoire d’Israël vient confirmer la justice impartiale du seigneur déjà révélée à création. Lorsque Moïse et Aaron annoncent les paroles de l’Éternel à Pharaon, nous voyons déjà l’opposition de deux forces spirituelles : Les forces du bien portées par les envoyés du Seigneur, et les forces du mal portées par les magiciens d’Egypte. En effet, les magiciens d’Égypte vont d’abord reproduire par leurs pratiques occultes, plusieurs miracles accomplis par Moïse et Aaron (Ex 7.8 à Ex 8.11). Mais très vite, ils reconnaissent leur incapacité de tenir devant la puissance de Dieu (Ex 8.19). Ainsi, dès le commencement de la délivrance d’Israël, nous voyons s’opposer la puissance du Dieu vivant aux œuvres de magie et d’idolâtrie. Par la suite, le Seigneur va définitivement établir une différence entre le traitement réservé aux égyptiens et celui de la communauté d’Israël (Ex 7.14 -Ex10 ; Ex 12.29-36 ; Ex 14.19-30). 

Cependant peuple de Dieu, les jugements qui frappent l’Égypte ne reposent pas sur une différence de race entre les Égyptiens et les Israélites. Comme le Seigneur l’avait annoncé à Abraham plusieurs siècles avant, c’est Son intervention pour juger l’asservissement séculaire des israélites en Egypte. Les plaies d’Égypte répondent à l’oppression, aux violences et aux injustices que les Hébreux avaient subies sous Pharaon (Gn 15.13-14 ; Ex 1.8-16).

Le Seigneur va faire preuve de cette même justice au sein du peuple d’Israël lui-même. À plusieurs reprises en effet, l’Éternel sanctionne sévèrement les Israélites qui se révoltent contre Lui. Après l’épisode du veau d’or, les principaux responsables sont frappés par le jugement divin (Ex 32.27-29). Lorsque les espions découragent le peuple en refusant de croire aux promesses de Dieu, cette génération est condamnée à mourir dans le désert (Nb 14.1-38). Coré, Dathan et Abiram périssent pour avoir contesté l’autorité que Dieu avait établie (Nb 16). Plus tard lorsque les Israélites qui s’abandonnent à l’idolâtrie et à l’immoralité avec les Moabites sont également jugés (Nb 25.1-15).

Chers frères et sœurs dans la foi, tous ces événements démontrent que notre Dieu demeure impartial, même envers ceux qu’Il a choisis. Et concernant les cananéens, anciens habitants de Canaan, leur condamnation trouve son explication dans leurs pratiques abominables séculaires : idolâtrie, prostitution sacrée, violences, sacrifices d’enfants et nombreuses perversions morales (Lv 18.6-30 ; Dt 7.1-5).

De retour dans l’histoire d’Israël, nous sommes de nouveau confrontés à cette exigence de sainteté attendu des chefs du peuple choisi. Le grand-prêtre Éli est rejeté à cause de l’infidélité de ses fils, qui méprisent les sacrifices de l’Éternel et entraînent le peuple dans le péché. A leur place, le Seigneur suscite Samuel pour conduire Israël (1 S 2.12-17 ; 22-25 ; 1 S 3). De même, le roi Saül perd la royauté en raison de sa désobéissance (1 S 15.10-26), tandis que David est choisi à cause de son cœur disposé envers Dieu (1 S 16.1-13). Le Seigneur va également frapper le roi David à cause de son adultère avec Bethsabée et du meurtre de son mari Urie le hittite (2S 11.2- S12. 15). Sous le règne d’Achab, le prophète Élie affronte les prophètes de Baal sur le mont Carmel afin de ramener Israël au culte du Dieu vivant (1 R 18.16-40).

Plus tard, les maisons royales de Jéroboam et d’Achab disparaissent à cause de leur idolâtrie persistante (1 R 14 ; 1 R 21 ; 2 R 9-10). Finalement, malgré tous les avertissements des prophètes, les royaumes d’Israël et de Juda sont emmenés en captivité, d’abord par les Assyriens, puis par les Babyloniens (2 R 17 ; 2 R 25).

Chers frères et sœurs dans la foi, nous constatons ainsi dans l’ancienne Alliance que notre Dieu ne condamne jamais un peuple en raison de son origine. Il juge les hommes selon leur fidélité ou leur rébellion. En est-il ainsi dans la nouvelle Alliance également ?

c) Dans la Nouvelle Alliance

 Chers frères et sœurs dans la foi, la distinction spirituelle que Dieu établit entre les hommes ne disparaît pas avec la venue du Seigneur Jésus-Christ. Au contraire, elle devient encore plus clairement révélée.

Le Seigneur ne regarde jamais les hommes selon leur origine, leur rang social ou leur appartenance religieuse. En revanche, Il distingue constamment ceux qui accueillent la vérité de ceux qui s’endurcissent contre Dieu.

Jean-Baptiste annonce déjà cette réalité au début du ministère du Seigneur quand, voyant venir à lui des pharisiens et des sadducéens, il leur déclare : « Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne de la repentance. » (Mt 3.7-8)

Le Seigneur Jésus-Christ Lui-même, tout au long de Son ministère, adresse des reproches particulièrement sévères aux scribes, aux docteurs de la Loi et aux pharisiens (Mt 23 ; Mc 8.14-21 ; Lc 12.1-6).

Le Seigneur leur reproche leur orgueil, leur hypocrisie et leur refus de se repentir. À l’inverse, le Seigneur rappelle que les publicains et les prostituées ont cru au témoignage de Jean-Baptiste, tandis que de nombreux chefs religieux l’ont rejeté (Lc 7.29-34).

Les principaux sacrificateurs, les anciens et les chefs du peuple rejettent également le Seigneur Jésus-Christ et complotent pour Le faire mourir (Mt 26.1-5 ; Mc 14.1-2 ; Lc 22.1-2 ; Jn 11.47-53). Finalement, ils Le livrent aux autorités romaines afin qu’Il soit crucifié (Mt 27.11-26 ; Mc 15.2-15 ; Lc 23.13-25 ; Jn 18.28 à 19.16).

Peuple de Dieu, ce paradoxe pourrait paraître saisissant. Mais, le Seigneur à plusieurs reprises dans l’Evangile de Jean, va nous orienter pour que nous déterminions la véritable origine spirituelle de cette opposition.

Au chapitre 8 de cet Evangile, Il dit aux juifs : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous agiriez comme lui. Mais en réalité, vous cherchez à me faire mourir, moi qui, en tant qu’être humain, vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous agissez comme votre père. » (Jn 8.40-41).

 Il ajoute aussitôt : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et c’est de sa part que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est au contraire lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez pas écouter ma parole. Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s’est pas tenu dans la vérité parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. Mais moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas? Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu; vous, vous n’écoutez pas parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jn 8.42-47).

Par ces paroles, le Seigneur révèle que celui qui refuse obstinément la vérité manifeste et persiste dans les œuvres mauvaises, est issu d’une autre filiation : une filiation spirituelle diabolique caractérisée par la rébellion contre Dieu. Dans la même perspective, le Seigneur qualifie Judas de « fils de perdition » (Jn 17.12). Cette vérité va aussi s’exprimer parmi les Samaritains dont beaucoup vont croire au Seigneur après le témoignage de la femme samaritaine (Jn 4.39-42), alors que d’autres vont refuser de Le recevoir pendant qu’Il se dirige vers Jérusalem (Lc 9.51-53). À la Pentecôte, plusieurs milliers de Juifs accueillent la prédication de l’apôtre Pierre et se convertissent (Ac 2.37-41). Mais d’autres refusent l’Évangile, persécutent les apôtres et lapident Étienne (Ac 6.8 à Ac 8.3 ; Ac 12.1-3). À l’inverse, de nombreux non-Juifs reçoivent avec joie la Parole de Dieu (Ac 13.48). Ainsi, la frontière spirituelle traverse aussi bien Israël que les nations non-juives.

Enfin, le livre de l’Apocalypse présente cette même distinction dans sa dimension éternelle. D’un côté se trouvent ceux qui choisissent d’adorer la bête et reçoivent sa marque, s’exposant à la condamnation éternelle de Dieu (Ap 13.16-17 ; Ap 14.9-11 ; Ap 16.2). De l’autre se tiennent les serviteurs de Dieu, marqués de Son sceau et vêtus de robes blanches, destinés à partager Sa gloire pour toujours (Ap 7.1-12). Cette révélation faite dans le Livre de l’Apocalypse n’est en réalité que la visualisation de la distinction définitive de la race humaine préalablement annoncée au monde par le Seigneur Jésus-Christ Lui-même (Mt 13.39-43 ; Mt 13.47-50 ; Mt 25.31-46).

 Ainsi peuple de Dieu, même dans la nouvelle Alliance, la véritable distinction établie par le Seigneur ne sépare jamais les peuples selon leur origine, leur culture ou leur race, mais selon leur réponse à la vérité révélée en Jésus-Christ.

Pour nous donner une base claire du jugement du Seigneur, l’apôtre affirme dans son épître aux Romains :« Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. » (Rm 2.6)

Dans sa seconde épître aux Corinthiens, il dira :« Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » (2 Co 5.10).

C’est ce jugement personnel final devant le trône du Seigneur qui est confirmé dans le livre de l’Apocalypse (Ap 20.11-15). Ainsi, nous voyons toutes les distinctions humaines disparaître devant la justice parfaite de Dieu, pour ne laisser subsister que deux réalités : Ceux dont le nom est inscrit dans le livre de Vie, et ceux qui ont rejeté le Salut gratuitement offert par Dieu, donc destinés à la destruction éternelle.

Croyant-incroyant

Chers frères et sœurs dans la foi, s’il en est ainsi, quelle est donc la condition qu’il faut remplir pour recevoir l’approbation de notre Dieu ?

III. La foi, unique condition donnée à l’homme pour être approuvé par Dieu

Chers frères et sœurs dans le Seigneur, en regardant les Textes depuis le Livre de la Genèse jusqu’au Livre de l’Apocalypse, nous constatons que la seule condition constamment mise en évidence pour plaire à notre Dieu, est la foi. C’est par la foi que les hommes entrent en relation avec le Seigneur, reçoivent Son approbation et participent à l’accomplissement de Son dessein.

Nous en avons les preuves avec Abel qui par la foi, offre à Dieu un sacrifice que le Seigneur agrée (Gn 4.4 ; Hé 11.4).  A sa suite, Hénoc, par la foi, marche avec Dieu pendant trois cents ans, avant d’être enlevé (Gn 5.23-24 ; Hé 11.5). Noé, averti des événements à venir, croit à la parole de Dieu et construit l’arche, devenant ainsi héritier de la justice qui s’obtient par la foi (Gn 6–8 ; Hé 11.7). Abraham, appelé à quitter son pays sans connaître sa destination, obéit par la foi et devient le père de tous les croyants (Gn 12–22 ; Hé 11.8-19 ; Rm 4.11-12). Dans chacun de ces exemples, ce n’est ni l’origine des personnes ni leur statut qui leur valent l’approbation de Dieu, mais leur confiance en Sa Parole.

Les Évangiles montrent que cette même foi est reconnue chez des personnes qui n’appartiennent pas au peuple d’Israël. Le centurion romain, bien qu’étranger à l’alliance, manifeste une confiance exceptionnelle en l’autorité du Seigneur Jésus-Christ. Le Seigneur s’émerveille de sa foi et guérit son serviteur (Mt 8.5-13 ; Lc 7.1-10). De même, la femme syro-phénicienne persévère humblement dans sa demande, et le seigneur lui répond : « Ô femme, ta foi est grande », avant de délivrer sa fille de la puissance démoniaque (Mc 7.24-30 ; Mt 15.21-28).

Dans le livre des Actes des apôtres, Corneille, un officier romain est décrit comme un homme pieux et craignant Dieu. Le Seigneur accueille favorablement ses prières et ses aumônes, puis lui fait annoncer l’Évangile par l’apôtre Pierre. En acceptant la Bonne nouvelle avec foi, Corneille et toute sa maison reçoivent le Saint-Esprit (Ac 10.34-35).

À son onzième chapitre, l’épître aux Hébreux rassemble ces témoignages pour montrer que la foi a toujours été le fondement de la vie du peuple de Dieu. Depuis Abel jusqu’aux prophètes, des hommes et des femmes ont remporté des victoires, accompli des exploits, enduré la souffrance, la persécution et même la mort, parce qu’ils ont persévéré dans la foi (Hé 11.4-40). Tous ont reçu un témoignage favorable de la part de notre Dieu, non en raison de leur perfection, mais parce qu’ils Lui ont fait confiance

Chers frères et sœurs dans la foi, ces récits démontrent que seule la foi, ouvre l’accès aux bénédictions de Dieu, que nous fassions ou non partie de la descendance biologique d’Abraham. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul démontre d’ailleurs qu’ayant reçu la justification du Seigneur avant la circoncision, Abraham est le père de tous ceux qui croient au Seigneur, qu’ils soient Juifs ou non-Juifs (Rm 4.1-12).

C’est pour cette raison que l’épître aux Hébreux déclare : « Sans la foi, il est impossible de Lui être agréable »(Hé 11.6).

Sous la Nouvelle Alliance, cette foi trouve son accomplissement en Jésus-Christ. Tous ceux qui croient en Lui sont gratuitement justifiés par la grâce de Dieu (Rm 3.21-28 ; Ga 2.16 ; Ép 2.8-9). Ainsi, la foi devient le lien qui unit des hommes et des femmes de toutes les nations dans une même famille spirituelle. Elle abolit toute prétention fondée sur l’origine, la culture ou les privilèges religieux, et révèle que Dieu offre le Salut à tous ceux qui mettent leur confiance en Lui par Son Fils.

Conclusion

Chers frères et sœurs dans la foi, l’intégralité de l’Écriture conduit à une même conclusion : Dieu n’a créé qu’une seule humanité et ne fait acception de personne. Depuis le commencement, le seul critère qui distingue les hommes devant Dieu est leur réponse à Son appel, donc la foi. Ceux qui croient en Lui reçoivent Son approbation, tandis que ceux qui refusent Sa parole demeurent éloignés de Lui.

Homme-foi

En Jésus-Christ, cette vérité atteint son plein accomplissement. Le Salut est désormais offert à tous les êtres humains, sans distinction d’origine, de peuple ou de condition sociale. Ainsi se réalise la promesse faite à Abraham : toutes les nations de la terre sont appelées à être bénies en lui (Gn 12.3 ; Ga 3.8). Dieu rassemble, par la foi en Son Fils, un seul peuple issu de toutes les nations, pour Sa gloire et pour l’accomplissement de Son dessein éternel.

Verset à méditer

« Sans la foi il est impossible de Lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’Il est le rémunérateur de ceux qui Le cherchent. » (He 11.6).

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