Les ministres de l’Église : serviteurs du Christ et non le Christ
Introduction
Chers frères et sœurs dans la foi, depuis les origines du peuple de Dieu, l’Éternel a toujours suscité des ministres, des hommes et des femmes pour conduire Son peuple, annoncer Sa Parole et accomplir les missions qu’Il leur confiait. Patriarches, prophètes, prêtres, apôtres, évangélistes, pasteurs ou docteurs : l’Ecriture nous démontre que tous ont reçu leur ministère de Dieu Lui-même.
Cependant, au fil de l’histoire, beaucoup d’hommes ont fini par attribuer à ces serviteurs de Dieu une place qui ne revient qu’au SeigneurJésus-Christ Lui-même. D’autres, au contraire, les ont méprisés en raison de leurs faiblesses ou de leurs fautes. Par ailleurs, se sont infiltrés parmi eux, des personnes malveillantes, qui plutôt que de conduire les croyants au Seigneur, les détournent de Lui. Toutes ces attitudes sont bien loin de la vérité des Écritures.
Alors, peuple de Dieu, quelle place devons-nous réellement accorder aux ministres dans l’Église ? Comment les honorer sans les idolâtrer ? Comment reconnaître leurs faiblesses sans mépriser le ministère que Dieu leur a confié, ou encore, comment toujours rester dans la vérité de l’Ecriture quel que soit notre conducteur spirituel ?
La Parole de Dieu nous apporte une réponse équilibrée que nous vous proposons de découvrir dans cet enseignement.
I. Les ministres de Dieu sont choisis et investis par Dieu Lui-même
Chers frères et sœurs dans la foi, l’existence des ministères dans le peuple de Dieu ne résulte ni d’une organisation purement humaine, ni d’une ambition personnelle. Depuis Abram (Gn 12.1-3), c’est toujours l’Éternel Lui-même qui choisit, appelle, consacre et établit ceux qu’Il destine à Lui appartenir. Le ministère ne procède donc pas de la volonté des hommes, mais de la souveraineté de Dieu, Qui distribue à chacun les responsabilités qu’Il juge convenables pour l’édification de Son peuple.
Nous retrouvons cette vérité dès le troisième chapitre du Livre de l’Exode, lorsque l’Eternel décida d’envoyer Moïse délivrer Israël de la captivité en Egypte. Alors qu’il faisait paître les troupeaux de Jéthro dans le désert, rien ne le destinait humainement à devenir le libérateur d’Israël. Pourtant, l’Éternel lui apparut dans le buisson ardent et lui déclara : « Maintenant, va, je t’enverrai auprès de Pharaon, et tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les enfants d’Israël. » (Ex 3.10)
Conscient de ses limites, Moïse chercha à se dérober en invoquant son manque d’éloquence (Ex 4. 11). Mais le Seigneur lui répondit : « Qui a fait la bouche de l’homme ? et qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, l’Eternel ? Va donc, je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire. » (Ex 4.11-12)
Et lorsque Moïse persista dans ses hésitations, Dieu associa Aaron à sa mission (Ex 4.14-16). Ainsi, ce n’est ni Moïse, ni Aaron qui choisirent leur ministère ; c’est Dieu Lui-même qui les établit.
Le même principe apparaît dans le sacerdoce. L’Éternel dit en effet à Moïse : « Fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses fils avec lui, du milieu des enfants d’Israël, et consacre-les à mon service dans le sacerdoce. » (Ex 28.1).
Plus tard, le Seigneur va choisir également toute la tribu de Lévi pour assister les prêtres dans le service de la Tente de la Rencontre (Nb 3.12). Cet appel divin ne va pas seulement se limiter aux prêtres. Il va aussi concerner les prophètes. Aussi, le prophète Samuel reçoit-il son appel alors qu’il n’est encore qu’un enfant servant dans le sanctuaire de Silo (1 S 3).
Le prophète Ésaïe voit la gloire du Seigneur dans le Temple et entend cette voix : « Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi. » (Es 6.8).
Le prophète Jérémie, apprend que son ministère précède même sa naissance quand le Seigneur lui dit : « Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais ; et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations. » (Jr 1.5).
Le Seigneur procède de la même manière avec Ézéchiel, qu’Il établit comme sentinelle de la maison d’Israël (Ez 3.4-11).
Dans la Nouvelle Alliance, cette réalité demeure inchangée. Le Seigneur Jésus-Christ passe toute une nuit en prière avant de choisir ceux qui deviendront Ses douze apôtres (Lc 6.12-16). Puis Il leur confère Lui-même l’autorité nécessaire à leur ministère.
L’Evangile de Mathieu nous dit en effet : « Il appela ses douze disciples, et leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. » (Mt 10.1).
Après Son ascension, le Seigneur Jésus-Christ va appeler personnellement Saül de Tarse, persécuteur de l’Eglise, sur le chemin de Damas, pour en faire l’apôtre des nations (Ac 9.1-30).
Ainsi, peuple de Dieu, la Parole de Dieu témoigne d’une même vérité depuis l’Ancienne jusqu’à la Nouvelle Alliance : les ministres de Dieu ne s’établissent pas eux-mêmes. C’est le Seigneur Qui les appelle, les prépare, les équipe et les investit pour accomplir les missions qu’Il leur confie.

Cependant, cette origine divine du ministère ne signifie nullement que le ministre cesse d’être un homme. Bien qu’établi par Dieu, il demeure un être humain, naturellement vendu au péché. Aussi, possède-t-il des forces, mais aussi ses limites et ses faiblesses.
II. Les ministres de Dieu sont susceptibles de défaillir, car humains
Chers frères et sœurs dans la foi, si la Parole de Dieu nous révèle que les ministres sont véritablement choisis et établis par Dieu, elle nous montre également qu’ils demeurent des hommes. Leur appel est certes divin, mais leur nature reste humaine. Aussi, les serviteurs de Dieu ne sont-ils pas à l’abri des faiblesses, des erreurs, ni même parfois de graves fautes pouvant attirer sur eux le jugement du Seigneur.
Lorsque nous rentrons dans la Parole de Dieu, nous voyons cette réalité apparaître très tôt dans l’histoire d’Israël. Nous sommes alors dans le Livre de l’Exode, juste après que l’Eternel eût donné les termes de l’Alliance au peuple d’Israël (Ex 20-Ex 24. 1-11). Par la suite, le Seigneur va demander à Moïse de monter vers Lui sur le Mont Sinaï où il demeurera quarante jours et quarante nuits dans la présence du Seigneur, afin de recevoir Ses ordonnances écrites sur des tables de pierre (Ex 24.12-18).
Pendant cette absence prolongée de Moïse, Aaron, pourtant choisi par Dieu comme porte-parole de Moïse (Ex 4.14-16) et premier grand prêtre de l’Ancienne Alliance (Ex 28.1), cède à la pression du peuple lui demandant de lui confectionner des dieux pour le conduire (Ex 32. 1). En réponse, Aaron demande aux Israélites de lui apporter leurs bijoux d’or et leur façonne un veau d’or (Ex 32.2- 4)
Le peuple proclame alors : « Israël ! Voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte. » (Ex 32.4).
Par cet acte, Aaron entraîne tout le peuple dans l’idolâtrie et provoque la colère de l’Éternel (Ex 32.7-35). Peu de temps après, deux fils d’Aaron, Nadab et Abihu, eux aussi consacrés au sacerdoce, présentent devant le Seigneur un feu étranger que Dieu ne leur avait pas ordonné (Lv 10.1). L’Écriture rapporte alors : « Le feu sortit de devant l’Éternel, les consuma, et ils moururent devant l’Éternel. » (Lv 10. 2).
Le privilège du ministère ne les a donc nullement soustraits à l’exigence de sainteté. Même Moïse, ce fidèle serviteur de Dieu avec qui l’Éternel parlait « face à face » (Nb 12.7-9), n’échappe pas à cette réalité. À Mériba, irrité par les murmures du peuple, il frappe le rocher au lieu de lui parler comme Dieu le lui avait ordonné (Nb 20. 1-11).
Le Seigneur lui déclare alors, ainsi qu’à Aaron : « Parce que vous n’avez pas cru en moi, pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, vous ne ferez point entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne. » (Nb 20.12).
Ainsi, ni Moïse ni Aaron n’entreront dans la Terre promise. Aaron mourra sur le mont Hor (Nb 20.22-29), tandis que Moïse s’éteindra sur le mont Nébo après avoir contemplé de loin le pays promis (Dt 34.1-7).
Plus tard, sous le ministère du grand prêtre Éli, Ses fils, Hofni et Phinées,ne connaissaient point l’Éternelet méprisaient les sacrifices offerts à Dieu en abusant de leur fonction sacerdotale (1 S 2.12-17). Ils se livraient également à une conduite immorale à l’entrée de la Tente de la Rencontre (1 S 2.22-25). Malgré les avertissements du Seigneur (1S 2.27-37 ; 1S 3.11-14), ils persistent dans leur péché. Et le jugement de Dieu ne tarda pas. Les deux fils moururent le même jour au combat, l’arche de l’Alliance fut prise par les Philistins, et le grand prêtre Éli mourut lui-même en apprenant cette terrible nouvelle (1 S 4.1-18).
Peuple de Dieu, les ministres de Dieu vont continuer à faire preuve de faiblesse et de graves erreurs tout au long des siècles, puisque par la bouche des prophètes Jérémie et Ézéchiel, l’Éternel va adresser de sévères reproches aux responsables spirituels d’Israël.
En effet, le Seigneur va parler aux pasteurs d’Israël par le biais du prophète Jérémie en ces termes : « Malheur aux pasteurs qui détruisent et dispersent Le troupeau de mon pâturage ! dit l’Eternel. C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël, sur les pasteurs qui paissent mon peuple : Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, vous n’en avez pas pris soin ; voici, je vous châtierai à cause de la méchanceté de vos actions, dit l’Eternel. Et je rassemblerai le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassées ; je les ramènerai dans leur pâturage ; elles seront fécondes et multiplieront. J’établirai sur elles des pasteurs qui les paîtront ; elles n’auront plus de crainte, plus de terreur, Et il n’en manquera aucune, dit l’Eternel » (Jr 23.1-4).
L’Eternel va faire un reproche similaire aux pasteurs de Son peuple par la bouche du prophète Ezéchiel (Ez 34.2-6). Ainsi, lorsque les ministres cessent de servir Dieu pour se servir eux-mêmes, ils deviennent eux-mêmes l’objet du jugement divin (Jr 23.2 ; Ez 34. 10).
Pendant Son ministère terrestre, le Seigneur Jésus-Christ reprendra cette même dénonciation.
À propos de ceux qui avaient exercé leur ministère avant Lui, Il déclare en effet dans l’Evangile de Jean : « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands. » (Jn 10.8).
Le Seigneur condamne également avec une grande fermeté les docteurs de la Loi et les pharisiens, qu’Il qualifie à plusieurs reprises d’hypocrites, dénonçant leur orgueil, leur aveuglement spirituel et leur mauvaise influence sur le peuple (Mt 23 ; Mc 8.14-21 ; Lc 12.1-6).
La Nouvelle Alliance montre que cette faiblesse humaine touche également les apôtres eux-mêmes. Judas, l’un des apôtres du Seigneur, est celui qui le livre (Mt 26.49-50 ; Mc 4.43-46 ; Lc 22.47-48 ; Jn 18.1-12). L’apôtre Pierre, malgré son profond attachement au Seigneur (Mt 26. 33-34 ; Mc 14.29-30 ; Lc 22.33-34), Le renie à trois reprises durant la nuit de Son arrestation (Mt 26.69-75 ; Mc 14.66-72 ; Lc 22.56-62 ; Jn 18.17, 25-27).
Plus tard, à Antioche, l’apôtre Pierre adopte une attitude hypocrite par crainte de certains croyants issus du judaïsme. L’apôtre Paul le reprend publiquement, car sa conduite compromettait la vérité de l’Évangile (Ga 2.11-14). L’apôtre Paul lui-même connaît également une profonde divergence avec Barnabas au sujet de Jean-Marc. Le désaccord devient si vif que les deux hommes se séparent pour poursuivre chacun son ministère (Ac 15.36-40).
Peuple de Dieu, nous ne devons pas aussi oublier l’avertissement du Seigneur Jésus-Christ concernant l’introduction de faux docteurs et de faux prophètes parmi les croyants (Mt 24.11). Cette mise en garde du Seigneur est reprise à de nombreuses reprises par Ses apôtres et disciples (2 P 2.1-22 ; 1 Tm 4 ; 2 Tm 3.1-9 ; Jd 4).
Ainsi, peuple de Dieu, la Parole de Dieu ne cache jamais les faiblesses des serviteurs du Seigneur. Bien au contraire, elle les expose avec franchise afin que nous n’oubliions pas leur nature humaine, donc pécheresse.

De même, elle nous avertit que tous ceux qui se présentent devant nous ne sont pas toujours établis par Dieu. De ce fait, notre foi doit reposer sur Dieu seul et non sur les hommes.
III. Comment voir le ministre de l’Église ?
Chers frères et sœurs dans la foi, nous venons de voir dans cet enseignement une double réalité. D’une part, qu’un vrai ministre de Dieu est véritablement appelé et établi par le Seigneur Lui-même. D’autre part, que le ministre de Dieu demeure un être humain susceptible de connaître des faiblesses, des erreurs et parfois même de graves défaillances. Dès lors, quelle attitude le croyant doit-il adopter à son égard ? Voici quelques éléments qui vont nous aider à adopter une attitude équilibrée vis-à-vis de lui.
a) Le ministre de l’Eglise est une personne consacrée à Dieu
Peuple de Dieu, avant toute chose, nous devons toujours nous rappeler que le ministre du Seigneur est un homme ou une femme que Dieu a mis à part pour Son service. De ce fait, il s’agit d’une personne dont le Seigneur Lui-même est le garant, et s’attaquer à elle équivaudrait à s’attaquer à Dieu Lui-même.
C’est pourquoi le Seigneur déclare à plusieurs reprises : « Ne touchez pas à mes oints, et ne faites pas de mal à mes prophètes ! » (Ps 105.15 ; 1 Ch 16.22)
Ces paroles ne signifient nullement que les serviteurs de Dieu sont au-dessus de toute correction ou qu’ils ne peuvent jamais être repris. L’Écriture elle-même rapporte les fautes de plusieurs d’entre eux. Elle rappelle plutôt que nul ne doit mépriser, calomnier ou s’attaquer avec légèreté à ceux que Dieu a Lui-même consacrés pour Son œuvre. Ainsi, toucher au ministère d’un serviteur de Dieu avec mépris ou violence, revient à manquer de respect envers Celui qui l’a établi c’est-à-dire, à Dieu Lui-même.
b) Le ministre de Dieu est une personne digne d’honneur et de considération
Chers frères et sœurs dans la foi, le ministère étant une responsabilité confiée à une personne par Dieu Lui-même, il mérite également le respect de l’Église.
Lorsque nous rentrons dans l’Ecriture, nous voyons comment après avoir demandé qu’Aaron et ses fils soient mis à part pour Son service, l’Éternel demande que les vêtements sacerdotaux soient confectionnés pour la charge de grand prêtre confiée à Aaron (Ex 28.1-2).
A cette occasion, le Seigneur dit ceci à Moïse : « Tu feras à Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, pour marquer sa dignité et pour lui servir de parure » (Ex 28.2).
Parlant de la dignité reçue par Aaron juste après celle de Moïse (Si 45.1-5), Ben Sira déclare : « Il a élevé Aaron, un saint semblable à lui, son frère, de la tribu de Lévi. Il conclut avec lui une alliance éternelle, et lui donna le sacerdoce de son peuple. Il l’orna d’une splendide parure, et le ceignit de la robe de gloire. Il le revêtit d’une souveraine magnificence, et lui assigna des vêtements d’honneur : les caleçons, la longue tunique et l’éphod. Il l’entoura de grenades, avec de nombreuses clochettes d’or à l’entour, qui devaient retentir quand il marchait, et faire entendre leur son dans le temple ; c’était un mémorial pour les fils de son peuple.
Il l’entoura du vêtement sacré, tissé d’or, d’hyacinthe et de pourpre, ouvrage du brodeur ; du rational du jugement, avec l’Urim et le Thummin, fait de fils d’écarlate, œuvre d’un artiste ; avec des pierres précieuses, gravées comme les cachets, et enchâssées dans l’or, travail d’un lapidaire, pour être un mémorial, des noms étant écrits, selon le nombre des tribus d’Israël. Il lui mit sur la tiare la couronne d’or, portant ces mots gravés : Saint du Seigneur, insigne d’honneur, ouvrage parfait, délices des yeux, parure magnifique. » (Si 45.6-12).

Peuple de Dieu, la dignité évoquée ici ne provenait pas d’Aaron lui-même, mais de la fonction que Dieu lui avait confiée. Plus tard, nous voyons en effet le prophète Zacharie recevoir la vision du grand prêtre Josué, que le Seigneur purifie, revêt d’habits magnifiques, avant de l’établir dans son ministère (Za 3.1-7). Nous comprenons ainsi que c’est le Seigneur Lui-même qui fait monter Son serviteur en dignité, dès lors qu’Il le charge d’une mission. Et c’est cet honneur qui doit être respecté par ceux dont il a la charge. C’est d’ailleurs ce que l’épître aux Hébreux recommande aux croyants quand elle dit : « Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi afin qu’ils le fassent avec joie et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. » (He 13.17)
Ainsi, peuple de Dieu, honorer les ministres de Dieu, prier pour eux et reconnaître leur travail ; fait partie de la volonté du Seigneur.
c) Mais le ministre demeure avant tout un serviteur du Christ
Chers frères et sœurs dans la foi, malgré l’honneur dû au ministre du Seigneur, l’Écriture nous rappelle cependant que le ministre n’est jamais le propriétaire de l’Église. Il n’en est que le serviteur qui doit en répondre devant Dieu.
Dans l’Evangile de Luc, le Seigneur Jésus-Christ enseigne ce principe à ses disciples en ces termes : « Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs : Approche vite, et mets-toi à table ? Ne lui dira-t-il pas au contraire : Prépare-moi à souper, ceins-toi, et sers-moi, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après cela, toi, tu mangeras et boiras ? Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné ? Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. » (Lc 17.7-10).
Un ministère reçu du Seigneur n’est donc jamais un motif de supériorité, mais un appel au service. L’apôtre Paul développe d’ailleurs cette même pensée dans sa lettre aux Corinthiens.
Il y écrit en effet : « Qu’est-ce donc qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun. J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n’est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître.Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail.Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu. » (1 Co 3.5-9).
Il ajoute au chapitre 4 de la même épître : « Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs de Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. » (1 Co 4.1-2).
Chers frères et sœurs dans la foi, ces paroles montrent la profondeur de l’attachement de ce serviteur du Seigneur à son Maître et sa reconnaissance pour le Ministère qui lui avait été confié. Nous savons pourtant que l’apôtre Paul avait directement été choisi par le Seigneur Jésus-Christ Lui-même sur la route de Damas (Ac 9.1-6).
A la suite de l’apôtre Paul, l’apôtre Pierre, lui aussi, choisi par le Seigneur (Mc 3.13-19) et désigné par le Seigneur Lui-même comme pierre de fondation de Son Eglise (Mt 16.17-19) va aussi revenir sur ce principe dans sa première lettre.
Il dit en effet s’adressant aux anciens des Églises : « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. » (1P5.2-4).
Chers frères et sœurs dans la foi, nous voyons de ce fait que le véritable ministre du Seigneur ne cherche jamais à attirer les regards sur lui-même. Bien au contraire, il conduit toujours les hommes vers le Seigneur Jésus-Christ.
Nous devons donc aimer nos ministres, prier pour eux, les respecter et reconnaître le ministère que Dieu leur a confié. Mais nous ne devons jamais oublier qu’ils demeurent avant tout les serviteurs du Seigneur. Leur mission n’est pas de prendre la place du Christ, mais de conduire fidèlement l’Église vers Lui.
IV. Le Christ, le Seul Chef de l’Église
Chers frères et sœurs dans la foi, s’il est bien vrai que les ministres occupent une place importante dans l’Église, ils n’en sont jamais les propriétaires. Depuis Israël jusqu’à la Nouvelle Alliance, le Seigneur n’a jamais remis Son peuple entre les mains des hommes en leur abandonnant Son autorité. Il leur confie un ministère, mais Il demeure Lui-même le seul Maître, le seul Seigneur et le seul Chef de Son Église.
Dans l’Ancienne Alliance, en donnant Sa Loi à Israël, l’Éternel ne demande jamais au peuple de suivre aveuglément Moïse, Aaron ou les prêtres. Tous reçoivent au contraire la mission de conduire Israël dans l’obéissance à la Parole de Dieu.
C’est d’ailleurs ce que le Seigneur fait connaître à Israël dans le Livre de Lévitique quand Il déclare : « Vous observerez mes lois et mes ordonnances : l’homme qui les mettra en pratique vivra par elles. Je suis l’Éternel. » (Lv 18.5).
Moïse rappelle cette vérité au peuple dans le Livre de Deutéronome en ces termes : « Maintenant, Israël, écoute les lois et les ordonnances que je vous enseigne. Mettez-les en pratique, afin que vous viviez, et que vous entriez en possession du pays que vous donne l’Eternel, le Dieu de vos pères. Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Eternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris. » (Dt 4.1-2).
Ainsi, dès l’Ancienne Alliance, l’autorité suprême n’appartient jamais aux conducteurs du peuple, mais à la Parole de Dieu qu’ils sont chargés d’enseigner et d’appliquer.
Avec la venue du Seigneur Jésus-Christ, l’Église n’est plus simplement une assemblée conduite par des hommes ; elle devient le Corps spirituel du Christ, duquel elle tire toute son essence (1 Co 12.27 ; Ep 5.30), avec des ministres classés selon leurs fonctions respectives (1 Co 12.28). De ce fait, ces ministres ne constituent jamais plusieurs chefs, mais des membres différents d’un même Corps qu’est le Seigneur Jésus-Christ. L’Ecriture souligne d’ailleurs que c’est toujours le Seigneur lui-même Qui est la Tête de ce Corps qu’est l’Église (Ep 1.22-23 ; Col 1.18).
Ainsi, quelle que soit l’importance d’un ministère, aucun serviteur de Dieu ne peut prendre la place que le Père a réservée à Son Fils. Le Seigneur Jésus-Christ Lui-même rappelle que l’amour véritable envers Lui se manifeste avant tout par l’obéissance à Sa Parole (Jn 14.21).
Cette déclaration du Seigneur nous rappelle que la foi du croyant ne doit jamais reposer principalement sur la personnalité, le charisme ou la réputation d’un ministre. Elle doit demeurer solidement fondée sur la Parole du Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi, lorsqu’un ministre de Dieu enseigne fidèlement Sa Parole, l’Église est appelée à recevoir son enseignement avec reconnaissance. Mais s’il s’en écarte d’une quelconque façon, c’est toujours la Parole du Seigneur qui doit demeurer la référence suprême du croyant. En effet, le ministre passe, les générations se succèdent, Seul le Christ demeure, et Sa Parole demeure éternellement. C’est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ reste, hier, aujourd’hui et éternellement, l’unique Chef de Son Église.

Conclusion
Chers frères et sœurs dans la foi, l’Écriture nous enseigne que les ministres de l’Église sont de précieux dons accordés par Dieu à Son peuple. C’est le Seigneur Lui-même qui les appelle, les forme, les établit et leur confie la mission d’annoncer fidèlement Sa Parole et de conduire les croyants dans la foi.
Cependant, ces hommes et ces femmes demeurent des êtres humains. Et malgré leur consécration, ils peuvent connaître des faiblesses, commettre des erreurs et parfois même tomber gravement. Nous sommes donc appelés à aimer nos ministres, à prier pour eux, à les honorer et à reconnaître l’autorité que Dieu leur confie. Mais nous ne devons jamais leur attribuer une place qui appartient uniquement au Seigneur Jésus-Christ. Car l’Église n’a qu’un seul Chef, un seul Sauveur, un seul Médiateur et un seul Seigneur : C’est le Seigneur Jésus-Christ.
Verset à méditer
« Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu. Du reste, ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. » (1 Corinthiens 4.1-2).

